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Islam

Le Ramadan : un incubateur et un accélérateur de générosité

A l’occasion du Ramadan 2017, chaque jour, Asif Arif* explique l’Islam d’une façon originale et positive. Aujourd’hui, il évoque le partage et la générosité.

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Pendant le mois du Ramadan, la perte des repères liée à l’absence de repas journaliers selon le moment de la journée se transforme vite en ennui pour certains. Outre l’idée de pratiquer ses prières quotidiennes, on peut vite arriver à terme des « activités autorisées » (à savoir, celles qui ne sont pas susceptibles d’invalider le jeûne) pendant le Ramadan. Il faut dans ces cas se nourrir des exemples du Prophète de l’Islam afin d’enrichir sa connaissance. Il faut également partager cette connaissance. Bon nombre d’individus, en France, ne connaissent pas les aspects visant à favoriser la générosité dans l’Islam. A force d’entendre parler d’attentats et de « djihadistes », on oublie que la principale raison d’être du Ramadan est de s’investir socialement et humainement afin de promouvoir la générosité des musulmans, à titre individuel et collectif.

Le Prophète de l’Islam lui-même dédoublait ses efforts de générosité pendant le mois du Ramadan, chose qui est très peu rappelée dans certains milieux. Et pourtant, il s’agit d’une composante essentielle de l’Islam. D’après le Sahih d’Al-Bukhary, le Prophète de l’Islam a toujours souhaité la facilité pour les citoyens d’un quelconque pays, en enjoignant « Rendez les choses faciles aux gens, ne les leur compliquez pas. Et remontez-leur le moral, ne les faites pas fuir ». Dans les milieux professionnels, un collègue qui se plaint trop ou un autre qui a trop de pellicules, appellent parfois des réactions très rigides voire agressives de notre part.

Remonter le moral des autres

Mais le mois du Ramadan nous permet de passer au-delà de toutes ces choses futiles et vaines. Au fond, cet individu est un être humain comme toute autre. Et le Prophète de l’Islam a enjoint de rendre les choses aisées en aidant ces derniers en leur remontant le moral, en ne les faisant pas fuir. Au fond, dans une société où la consommation d’antidépresseurs est devenue la règle de principe, la nécessité de ce Hadith se fait d’autant plus ressentir. Le simple fait d’apporter ce soutien moral pourra rendre certaines personnes contre les enseignements de l’Islam tout à fait disposées à les défendre – sans nécessairement y adhérer.

Le Prophète de l’Islam est allé même plus loin. Il a soutenu dans un Hadith d’Al-Tabarani : « Les actions les plus aimées de Dieu sont : rendre un autre musulman heureux, le soulager d’une épreuve qui l’a affligé, payer une de ses dettes et soulager sa faim. Il m’est plus cher d’aller voir un frère musulman pour combler un de ses besoins que de m’isoler un mois durant dans la mosquée… » Ces mots n’ont pas besoin d’un complément quelconque afin de traduire de la profondeur de la philosophie qui se cache derrière. Ils s’étendent également aux non-musulmans. Le compagnon du Prophète, Abdoullâh Ibn Amr, lorsqu’on égorgeait un animal pour le faire cuire chez lui, s’assurait à ce qu’une partie de celui-ci soit offert à son voisin juif, en rappelant les propos suivants du Prophète : « (L’Ange) Gabriel m’a tellement interpellé au sujet du voisin que j’ai craint que celui-ci soit désigné comme héritier. » (Inclus dans les recueils d’Al-Bukhary et de Muslim)

Favoriser le partage

Dans une société où toute chose doit être du ressort de la propriété d’un individu, la notion de partage perd de son sens et de sa portée. L’Islam y accorde toutefois une importance cruciale sinon fondamentale. Le Prophète de l’Islam, lorsqu’il évoque de remonter le moral des autres ou encore de les soulager d’un fardeau, il vise bien à partager (de sa personne, de son argent ou encore de son temps) au profit d’un tiers. Le Prophète de l’Islam soutient que « Le croyant n’est pas celui qui mange à satiété alors que son voisin a faim » (Bayhaqi). Cela revient à ne pas souhaiter pour son frère ce que l’on ne voudrait pas pour soi-même. En réalité, toutes ces « petites » philosophies de vie, sont autant de normes éthiques élémentaires de notre société.

Si nous réussissons à les intégrer, nous serons non seulement des accélérateurs du progrès de l’Islam mais également du progrès de la société, laquelle sera basée sur des valeurs de partage et d’altruisme. Voilà, encore une autre facette du Ramadan et de l’Islam, que bien des médias n’ont pas décidé de mettre en avant. Souvent à tort, parce qu’elles permettent de briser la mécanique du terrorisme en avançant des arguments conséquents sur l’importance des valeurs morales qu’inculque l’Islam.

Asif Arif est avocat au Barreau de Paris, auteur spécialisé sur les questions d’Islam et de laïcité. Retrouvez ici sa page Facebook.

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