« Nos hôpitaux à Karachi ont commencé à connaître un afflux important de patients atteints du coronavirus. Nous prévoyons que ces chiffres et la mortalité qui en résulte augmenteront de manière exponentielle dans les prochains jours », ont écrit les treize médecins, dont la plupart officient dans la mégalopole du Sud pakistanais.

« Nous craignons que le fait d’autoriser les prières en grand nombre dans nos mosquées ne contribue à des issues fatales », ont-ils ajouté dans une lettre ouverte au gouvernement et aux autorités religieuses, appelant les deux parties à « revoir » leur décision et à n’autoriser que cinq fidèles dans les lieux de culte.

Samedi, le gouvernement, sous la pression des autorités religieuses, avait annoncé qu’il autorisait la tenue de prières dans les mosquées pendant le ramadan à condition que la distanciation sociale soit respectée et que les personnes âgées et malades n’y participent pas.

« Est-ce qu’on empêche les gens d’aller à la mosquée par la force ? Et s’ils y vont, la police mettra-t-elle les fidèles en prison ? », a argumenté mardi le Premier ministre Imran Khan.

« Cela ne se produit pas dans une société indépendante. Dans une société indépendante (nous) faisons en sorte que les gens se rassemblent », a-t-il encore affirmé.

Au Pakistan, la foi l’emporte depuis les débuts de la pandémie sur toute autre considération. Si les autorités ont tenté de limiter la fréquentation des mosquées ou d’en fermer certaines ces dernières semaines, les fidèles ont prié dans les rues adjacentes, épaule contre épaule.

Le pays, au système de santé en déshérence, a assisté ces derniers jours à une accélération du nombre de cas positifs au Covid-19, désormais plus de 10.000, alors que le cap des 200 morts a été franchi.

Imran Khan a de son côté été testé négatif mercredi au virus, a tweeté Zafar Mirza, son conseiller en santé publique. Il avait rencontré la semaine dernière le dirigeant d’une grande organisation caritative pakistanaise, qui avait indiqué mardi à l’AFP avoir été contaminé.