L’Organisation mondiale de la Santé a toujours suivi de près la communauté musulmane lors du mois béni. L’OMS édite notamment chaque années des « recommandations alimentaires » pour ce mois si particulier. Parmi celles-ci, l’institution conseille de boire « beaucoup d’eau entre l’iftar et le suhoor » ou de « manger trois dattes lors de la rupture » du jeûne.

Et pour ce ramadan 2020, crise sanitaire oblige, l’OMS s’est également décidée à émettre une série de conseils pour éviter la propagation du coronavirus. L’organisation recommande ainsi de « concilier les pratiques du Ramadan et la sécurité des personnes lors de la pandémie de Covid-19 ». L’OMS écrit que « les mesures visant à maintenir une distance physique, notamment la fermeture des mosquées, le contrôle des réunions publiques et les restrictions des déplacements, auront des conséquences directes sur les rassemblements sociaux et religieux au cœur du ramadan ». Et l’organisation de recommander « l’annulation des rassemblements sociaux et religieux ». Des conseils relayés par le CFCM qui « incite les fidèles à accomplir leurs prières chez-eux » ou d’éviter les rassemblements à l’occasion des iftars.

L’OMS se veut aussi rassurante concernant le jeûne du mois béni et rappelle, dans son communiqué, qu’« aucune étude n’a été réalisée sur le jeûne et le risque d’infection par le virus du Covid-19 ». Résultat : malgré la pandémie, « les personnes en bonne santé devraient pouvoir jeûner pendant ce ramadan, comme les années précédentes », selon l’OMS qui pose cependant une condition… Les personnes infectées par le Covid-19 « devraient envisager de ne pas le faire, suivant les dérogations prévues par la religion, en concertation avec leur médecin, comme pour toute autre maladie ». Effectivement, une personne malade ne doit pas jeûner, comme l’y autorisent les textes sacrés. Comme le CFCM, l’OMS recommande enfin d’éviter les iftars collectifs organisés pour les plus démunis. Il faut, ajoute-t-elle, « envisager d’utiliser des portions individuelles préamballées » et respecter les « règles de distanciation sociale ».

Et l’OMS de conclure sur une note très spirituelle. « Même si les pratiques sont exécutées différemment cette année, il est important de rassurer les croyants en leur expliquant qu’ils peuvent toujours réfléchir, s’améliorer, prier, faire preuve de générosité et aider les autres – tout en gardant une saine distance ». Pour l’Organisation mondiale de la santé, il est même recommandé de ne pas isoler ses proches : « Il faut veiller à entretenir les liens avec la famille, les amis et les personnes âgées, en gardant une distance physique ; il est essentiel d’encourager l’utilisation de moyens de communication de remplacement, notamment numériques », conclut l’OMS avant d’écrire que « les prières spéciales adressées aux malades et les messages d’espoir et de réconfort sont des moyens de respecter les principes du ramadan tout en protégeant la santé publique ».