Dans un rapport intitulé « Un voyage épouvantable », l’UNICEF et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estiment que « jusqu’à trois quarts des enfants et des jeunes » sont « victimes de mauvais traitements, de traite et d’exploitation sur les routes migratoires de la mer Méditerranée. » Pour l’UNICEF, le constat est effarant : « Les enfants d’Afrique subsaharienne sont davantage touchés que les autres groupes de migrants, explique l’organisation. Une différence a priori liée à la discrimination et au racisme. » Pour appuyer ces remarques, l’UNICEF a réuni de nombreux témoignages. Entre 2016 et 2017, 11 000 jeunes, âgés de 14 à 25 ans, réfugiés et migrants ont navigué le long des routes de la Méditerranée centrale et orientale. L’OIM a mené des enquêtes de surveillance et il en ressort, indique l’UNICEF, que « pour un adolescent venant d’Afrique subsaharienne qui a fait des études secondaires et qui voyage en groupe sur la route de la Méditerranée centrale, le risque d’être exploité est de 73 %. S’il venait d’une autre région, ce risque tomberait à 38 %. » Le Fond des Nations unies pour l’enfance assure que « des récits informels et des recherches qualitatives dans le bassin méditerranéen et ailleurs laissent penser que cette différence est liée au racisme. »

L’UNICEF appelle à « lutter contre la xénophobie, le racisme et la discrimination à l’égard de tous les migrants et réfugiés »

Si le constat est dur, l’UNICEF estime qu’il existe aujourd’hui des solutions. Dans son rapport, l’organisation appelle « toutes les parties concernées » — les pays d’origine, de transit et de destination, mais également l’Union africaine, l’Union européenne, ainsi que les organisations internationales et nationales — à « mettre en œuvre, avec l’appui de la communauté des donateurs, une série d’actions prioritaires. » Parmi ces actions, l’UNICEF et l’OIM préconisent « la création de circuits migratoires sûrs et licites pour les enfants en déplacement ; le renforcement des services de protection des enfants migrants et réfugiés, que ce soit dans les pays d’origine, de transit ou de destination ; la mise en place de solutions alternatives à la détention des enfants migrants ; l’adoption d’une approche transfrontalière afin de mettre un terme à la traite et l’exploitation des êtres humains. » Et parce que le traitement d’un jeune Subsaharien est aggravé par le racisme, l’UNICEF appelle à « lutter contre la xénophobie, le racisme et la discrimination à l’égard de tous les migrants et réfugiés. »