Après des cris racistes dans les tribunes, lors du match contre Monaco, le Sparta Prague a été sanctionné par sa ligue.

Mercredi dernier, les Monégasques jouaient le tour préliminaire de la Ligue des Champions à Prague. Le Sparta a perdu 2 buts à 0. Mais la rencontre a surtout été émaillée de nombreux cris racistes. Lorsque le Monégasque Aurélien Tchouaméni a ouvert le score à la 38e minute de jeu, les tribunes de Prague se sont acharnées sur la couleur de peau du joueur.

Après le match, l’entraîne de l’AS Monaco, Niko Kovac, s’est félicité du score tout en regrettant les propos racistes entendus jusque sur le terrain : « On a gagné le match, mais on a aussi gagné contre le racisme. C’est le message le plus important de la soirée », a-t-il indiqué.

Mais qu’a fait l’UEFA pour enrayer ces cris racistes ? On se souvient, lors du match entre le PSG et le Basaksehir, la saison dernière, que l’instance européenne du football avait tout fait pour que le match reprenne après qu’un arbitre avait désigné un joueur comme « le Noir ». Si les joueurs n’avaient pas décidé d’arrêter le match, ce dernier se serait poursuivi. Business is business, pour la FIFA.

Certes, pendant le match à Prague, l’UEFA a fait diffuser dans le stade une mise en garde en direction des supporters tchèques. C’est désormais un point de règlement, avant l’arrêt possible d’un match. Mais l’UEFA semble hostile à l’idée d’arrêter une rencontre d’une si grande importance, même en cas de cris racistes.

L’UEFA timide, la ligue tchèque agit

Acculée, l’instance européenne a bien annoncé l’ouverture d’une procédure. Comme les autorités françaises ou italiennes, l’UEFA répond très timidement au racisme dans les stades. Ce qui ne semble pas être le cas de la Ligue tchèque de football (LFA). La commission de discipline de la ligue a en effet déjà émis un sentence en direction du Sparta : le club devra payer une amende équivalant à 4 000 euros. Mais surtout, plusieurs secteurs dans les tribunes seront fermés lors des prochaines rencontres.

Pendant que l’UEFA enquête, la LFA a déjà déterminé que «, d’après les éléments disponibles, il est clair que dans ce cas il ne s’agissait pas de cris de quelques individus mais de plusieurs secteurs ». Un racisme généralisé, donc. Le Sparta, quant à lui, « appelle fortement les supporters à ne pas exprimer de racisme de quelque manière que ce soit. Pas seulement lors des prochains matchs à domicile, mais à chaque fois qu’ils vont au stade ». Le club affirme que « le racisme est inacceptable. En championnat, pendant un match de coupe d’Europe ainsi qu’en match amical ».

Après le match, l’entraîne monégasque a estimé que ces cris racistes resteraient gravés à jamais dans l’esprit des joueurs. « Certains mots font beaucoup plus mal qu’une gifle ou un coup de poing. Leur douleur ne reste pas quelques minutes ou quelques heures : elle devient une cicatrice. J’aimerais que ceux qui en sont les responsables puissent ressentir ce qu’ont ressenti mes joueurs », a-t-il indiqué.