En janvier, Pascal Bruckner publie « Un Racisme imaginaire ». Il veut revenir sur l’accusation d’islamophobie et affirmer que cette dernière est une arme pour laisser prospérer l’Islam radical.

Albin Michel n’a pas le monopole des livres écrits par des personnalités controversées. Il est vrai que la maison d’édition avait fait fort avec le dernier livre d’Eric Zemmour. Mais pour Francis Esménard, patron d’Albin Michel, il convient de laisser s’exprimer les auteurs, même si leurs propos sont racistes ou islamophobes. Le patron de l’éditeur dénonce d’ailleurs « toutes ces lois mémorielles, confessionnelles, antiracistes, sans parler de la diffamation » qui font que « nous sommes moins libres qu’au XVIIIe siècle. » Certainement du même avis, la maison Grasset sort elle aussi un livre qui devrait faire polémique. En janvier prochain, elle publie un essai de Pascal Bruckner, « Un Racisme imaginaire ». Un titre choc et un contenu qui devrait apporter son lot d’approximations…

L’islamophobie, un « racket sémantique » ?

Il y a cinq ans déjà, dans « Le Fanatisme de l’apocalypse », il dénonçait le concept même d’islamophobie, inventé selon lui « par les intégristes iraniens à la fin des années 1970 pour contrer les féministes américaines » — une théorie farfelue, le mot ayant été retrouvé dans des écrits bien avant —, qui serait d’après l’écrivain « digne des propagandes totalitaires. » Cette fois, le romancier va plus loin et s’attaque à « la querelle de l’islamophobie. » Dans son pitch, Grasset indique que, « depuis 35 ans, le terme d’islamophobie impose la censure à toute parole critique de l’Islam. » Pour Bruckner, « l’usage de ce terme répond (…) à un double objectif : faire taire les Occidentaux mais surtout les musulmans réformateurs soucieux de relire les textes sacrés, de modifier le code de la famille, d’introduire modération et tolérance dans l’exercice de la foi. »

Ce livre est, pour Pascal Bruckner, l’occasion de taper une nouvelle fois sur la gauche. Plus précisément sur « toute l’ultra-gauche » qui est, selon lui, « fascinée par la puissance éruptive du djihadisme. » Dans Le Figaro, l’auteur assurait en effet il y a peu que, pour la gauche dure, « l’alliance avec les musulmans même rétrogrades est nécessaire pour ébranler la forteresse capitaliste. » Le réactionnaire — c’est ainsi qu’il se définit, estimant que « cette injure doit devenir un titre de fierté » — écrit dans son livre que comparer l’islamophobie à l’antisémitisme est « un raccourci stupéfiant », peut-on lire dans le résumé fourni par Grasset. Doit-on s’attendre à un livre négationniste, qui nierait tout racisme antimusulman ? Certainement. « L’Islam n’est pas une race puisqu’elle a une vocation universelle », assure Pascal Bruckner. Bruckner dénoncera dans son livre un « racket sémantique », utilisant les mêmes armes pour parler d’un « racisme imaginaire. »

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