La « radicalisation » est un terme qui, depuis 2014, est largement utilisé par les politiques. Le gouvernement français estime comme potentiellement radicalisée une personnes qui opère des « changements physiques, vestimentaires et alimentaires », qui passe de façon « soudaine à une pratique religieuse hyper ritualisée » ou encore qui modifie ses « centres d’intérêt ».

En déplacement au siège de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin a indiqué que la menace terroriste « demeurait extrêmement élevée sur le territoire » et que le « risque terroriste d’origine sunnite demeurait la principale menace à laquelle est confrontée » la France.

Une sortie opportuniste à deux jours de l’ouverture du procès des attentats de « Charlie Hebdo » et de l’Hyper Cacher. « La lutte contre le terrorisme islamiste était une grande priorité du gouvernement », a insisté Darmanin qui veut « traquer sans relâche ces ennemis de la République ».

Le ministre de l’Intérieur a indiqué que la menace intérieure était « la plus prégnante et la plus forte », en comparaison à l’organisation Etat islamique. « Elle est nourrie par la propagande des groupes terroristes, inspirée des vétérans du Jihad mais également par l’emprise que les tenants d’un islam radical s’efforcent d’avoir dans certains de nos quartiers », a-t-il affirmé.

Dans la ligne de mire du ministère de l’Intérieur, « l’islam radical » notamment. Darmanin affirme que 8 132 individus sont inscrits au FSPRT, le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste . Il demande donc des moyens supplémentaires pour surveiller ces personnes « radicalisées ».

Mais le ministre français de l’Intérieur nuance ses propos et donne son point de vue sur une autre réalité : la montée de la radicalisation d’extrême droite. « D’autres formes d’action » émanant « de groupuscules radicaux ou d’individus isolés partisans du recours à la violence » sont possibles, explique Darmanin qui rappelle l’arrestation d’un suprémaciste en mai dernier à Limoges.