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Québec : à l’Assemblée nationale, le crucifix n’est plus là

L’Assemblée nationale du Québec a décroché mardi le crucifix qui était suspendu depuis 1936 au centre de la salle des débats parlementaires de la province francophone, dans le cadre d’une réforme sur la laïcité de l’État.

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« L’Assemblée nationale a procédé, conformément à la motion adoptée à l’unanimité le 28 mars dernier, au retrait du crucifix présent dans la salle de l’Assemblée nationale », a indiqué l’institution dans un communiqué.

« Ce crucifix, installé en 1982, remplaçait celui mis en place en 1936 », est-il précisé.

Cette mesure avait été décidée par les députés québécois lors du dépôt en mars d’un projet de loi controversé sur la laïcité de l’Etat, prévoyant l’interdiction du port de signes religieux à certains fonctionnaires, dont les policiers, les juges, les avocats, les gardiens de prison et les enseignants.

Cela interdit par exemple le port du voile islamique pour les fonctionnaires en position d’autorité, comme c’est le cas dans certains pays européens (France, Belgique, Autriche ou encore Danemark).

Cette réforme, finalement adoptée mi-juin, était au coeur de la campagne du Premier ministre François Legault, dont le parti, la Coalition Avenir Québec (CAQ, centre-droit), est majoritaire à l’Assemblée provinciale.

Cette mesure est aux antipodes des positions multiculturalistes défendues par le Premier ministre libéral du Canada Justin Trudeau.

D’abord fermement opposé au décrochage de cette croix chrétienne, M. Legault avait finalement accepté un « compromis » en mars afin de rallier les défenseurs d’une laïcité totale. Ces derniers jugeaient incohérents de vouloir lutter contre les signes ostentatoires dans la fonction publique, tout en maintenant ce symbole chrétien au coeur du parlement.

Concrètement, afin de « souligner leur importance pour le patrimoine parlementaire québécois », les crucifix de 1936 et 1982 seront encore présents dans l’Assemblée nationale, mais simplement exposés « dans une vitrine muséale aménagée au cours des prochaines semaines », a précisé l’institution.

Le Québec, société dominée jusqu’en 1960 par l’Eglise catholique, se déchire depuis plus de dix ans sur la question de la laïcité, enjeu que les précédents gouvernements du Parti libéral (fédéraliste) et du Parti Québécois (indépendantiste) n’ont pas réglé.

Le gouvernement Legault a par contre décidé de ne pas mettre un terme au financement par l’Etat des écoles privées religieuses, qui équivaut à environ 60% des droits de scolarité dans ces établissements.

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