En France comme à l’étranger, les imams appellent les fidèles à se faire vacciner contre le Covid-19. Des musulmans ont, au début, été réticents concernant la licéité des vaccins.

Alors que la France impose le pass sanitaire dans la plupart des lieux publics, le gouvernement a rapidement indiqué que les mosquées, comme les lieux de culte des autres religions, n’obligeraient pas les fidèles à présenter le fameux sésame. Une décision qui doit beaucoup au Conseil d’Etat, qui avait empêché en novembre 2020 d’imposer une jauge maximale de 30 personnes par cérémonie religieuse. Selon la juridiction, les activités exercées dans les lieux de culte « ne sont pas de même nature » que dans les lieux de loisirs, et « les libertés fondamentales qui sont en jeu ne sont pas les mêmes ».

En revanche, pour se rendre à La Mecque pour la Omra, il faudra que les pèlerins soient vaccinés contre le coronavirus, avec des doses de vaccins approuvés par les autorités saoudiennes. L’annonce a été faite lundi. Et après un pèlerinage 2020 lors duquel les fidèles étrangers étaient interdits de pénétrer sur le sol saoudien, la décision doit permettre de faire revenir, petit à petit, les pèlerins dans la ville sainte.

Au-delà de la question du pass sanitaire, qui fait polémique, celle de la vaccination s’est beaucoup posée pour les musulmans. Partout dans le monde. Aux Etats-Unis, une organisation musulmane, le Somali Family Service, à San Diego, a mis en place un programme de sensibilisation sur la question. Car nombreux sont les musulmans à se demander si la vaccination est, ou non, licite.

L’ONG a convié des médecins, des infirmiers mais aussi des responsables religieux, tous musulmans. L’objectif était alors, explique le Somali Family Service à National Geographic, de « lutter contre un certain scepticisme » de la part des populations musulmanes. « La présentation des preuves scientifiques de manière adaptée à la culture a fait évoluer les idéologies relatives au vaccin. Bon nombre des membres de la communauté ont même pris rendez-vous pour se faire vacciner le jour même », indique-t-on au sein de l’association.

Les vaccins à ARNm sont bien halal

La licéité des ingrédients a été naturellement remise en cause aux débuts des campagnes nationales de vaccination. Il faut dire que la rapidité avec laquelle sont sortis les vaccins des laboratoires, et le manque d’informations de la part du milieu de la santé, n’a pas permis de rassurer les musulmans. La question de la bioéthique islamique s’est posée, notamment dans les pays du Golfe, mais également aux Etats-Unis.

L’institut islamique Darul Qasim, dans l’Illinois, a estimé que « l’utilisation de lignées cellulaires, développées dans un premier temps à partir de fœtus avortés, pour le développement des vaccins, va à l’encontre de la bioéthique islamique. Les musulmans ne peuvent se voir administrer les vaccins développés de la sorte compte tenu de l’existence d’alternatives ». Une critique qui n’a plus eu lieu d’être pour les vaccins à ARN messager.

Sénégal, Tunisie… Les imams ont finalement été sollicités pour appeler les fidèles à se faire vacciner. En France également. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a publié un communiqué il y a quelques semaines qui appelait « les imams et les responsables de mosquées de France à saisir toutes les occasions qui se présentent à eux pour inciter les fidèles à se faire vacciner ».