Valérie Pécresse a évoqué la théorie complotiste du « grand remplacement » lors de la tenu son premier meeting au Zénith de La Villette à Paris. Sa prestation très attendue, n’a pourtant pas convaincu. 

La théorie du « grand remplacement » politisée par le polémiste Éric Zemmour est devenue l’un des slogans de l’extrême-droite. Pourtant, certains candidats de la droite républicaine, comme Valérie Pécresse, flirtent avec ce concept, sans queue ni tête.

Le meeting du 13 février devait être un tournant dans la campagne de la candidate des Républicains à l’élection présidentielle et la relancer après une certaine stagnation. Mais les réactions suscitées témoignent du franchissement d’une ligne par Valérie Pécresse. En effet, le rassemblement a été très commenté et des voix se sont élevées au sein de sa famille politique, pointant les doutes sur la forme et le fond de la prestation de la candidate.

« Dans dix ans, serons-nous encore la septième puissance du monde ? Serons-nous encore une nation souveraine ou un auxiliaire des États-Unis, un comptoir de la Chine ? Serons-nous une nation unie ou une nation éclatée ? Face à ces questions vitales, pas de fatalité, ni au grand déclassement ni au grand remplacement » avait déclaré Valérie Pécresse.

 

Une pluie de critiques

Les propos de Valérie Pécresse ne sont pas passés inaperçus. Pis encore, plusieurs figures politiques ont commenté la prestation de la candidate de droite. « Le grand remplacement de la droite par l’extrême droite, voilà ce qui est apparu ce week-end. Trois candidatures pour une même haine. Que ce soit dit lentement ou rapidement, mal ou bien, la violence du discours est de nature semblable » a affirmé Clémentine Autain, députée de la France insoumise.

La candidate Pécresse a tenté de reprendre ce qu’elle a voulu dire, sur le plateau de RTL, lundi 14 février matin. « Je ne me résigne pas justement aux théories d’Éric Zemmour et aux théories de l’extrême droit, parce que je sais qu’une autre voie est possible. C’est ce que j’ai dit hier et tout le monde me fait dire le contraire. C’est une phrase que j’ai prononcée dix fois dans la primaire, et tous les commentateurs qui la reprennent ont des mémoires de bigorneau » a-t-elle indiqué.

Le meeting de Valérie Pécresse a donné un véritable coup de publicité à la campagne de l’extrême droite. La polémique qu’elle a provoquée démontre l’ampleur prise par des valeurs islamophobes, xénophobes et racistes. Elle a montré la putréfaction du débat politique à l’approche de l’échéance présidentielle et la montée de l’identitarisme. Au nom des valeurs républicaines, les candidats se permettent de bafouer, dans le fond et la forme, l’image de la France partie des droits de l’Homme et des libertés.