Dans une tribune parue dans le quotidien « Le Monde », 286 femmes politiques de gauche lancent un appel à « écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes » de la vie politique, à l’approche des élections législatives et de la présidentielle. 

Mettre fin à l’Omerta, tel est l’objectif de ce #MeToo politique, lancé par ces 286 femmes engagées en politique. Élues, collaboratrices, responsables associatives et militantes, en grande majorité de gauche, s’associent pour débarrasser la scène politique des agresseurs sexuels, qui « n’ont pas leur place aux élections 2022 ». Après le cinéma, la musique ou encore le journalisme, ces personnalités féminines de la politique française, côtoyant régulièrement des hommes politiques, veulent procéder à un changement profond des mentalités.

Parmi les signataires de ce texte, l’eurodéputée Manon Aubry, la vice-présidente du Sénat Laurence Rossignol ou encore la finaliste de la primaire écologiste Sandrine Rousseau. Aucune femme politique de La République en Marche, de l’Union des démocrates et indépendants ou des Républicains n’a encore signé cette tribune. Cette derni​ère a fait chou blanc sur les bancs de la droite. 

Écarter les agresseurs: une priorité

A l’approche des élections, les signataires exhortent « les appareils politiques à écouter les victimes et à faire œuvre de prévention. […] Le monde politique doit assumer ses responsabilités et écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes de ses rangs et faire preuve d’exemplarité dans les désignations ». 

Concrètement, les femmes de cette tribune appellent tous les acteurs politiques à s’engager sur trois points essentiels. Ne pas investir les personnes mises en cause pour des violences sexistes ou sexuelles; ne pas octroyer de parrainage à ces personnes et ne pas les embaucher. En effet, le texte souligne la potentielle candidature de trois candidats, cités dans des témoignages d’agressions sexuelles. C’est le cas par exemple de Jean Lassalle, de François Asselineau ou encore Eric Zemmour, accusé d’agression sexuelle par plusieurs femmes.

Écarter ces politiciens des cercles d’exercice du pouvoir politique est une nécessité et surtout gage d’exemplarité, dans la mesure où ces personnes participent à la vie politique, judiciaire et législative. 

Pour Fiona Texeire, conseillère à la mairie de Paris et redactrice du texte, « Au sein du Parlement, des mairies, des conseils départementaux et régionaux, des hommes mis en cause, parfois condamnés, pour viol, pour agression sexuelle, pour atteinte sexuelle sur mineur, pour violences conjugales sont élus, malgré les discours affichés sur la lutte contre les violences faites aux femmes, malgré nos alertes répétées. Qu’est devenue la grande cause du quinquennat ? ». 

Une lutte transpartisane ? 

Emmanuel Macron a fait de la lutte contre les violences faites aux femmes, une priorité de son mandat présidentiel. Pourtant, à travers cette tribune, des lacunes sont mises en exergue, ouvrant le débat sur la place et les droits des femmes dans la société française. L’apparition du #Metoo dans les différentes sphères citoyennes a grandement contribué à la libération de la parole des femmes, tout en mettant en lumière les obstacles et difficultés, auxquels elles sont confrontées.

Cette lutte, pour l’égalité, contre le sexisme et les valeurs archaïques a cependant montré ses limites. La droite française, et la macronie, sont les grands absents de cette tribune. Jugée très partisane, dirigée contre l’Elysée, elle n’a pas encore réussi à fédérer. Pourtant, ce combat transcende toute appartenance politique..