Sous l’impulsion de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, l’Égypte et l’Union pourrait présenter une candidature commune pour la direction du Forum mondial de lutte contre le terrorisme. Une décision qui a provoqué un tollé chez les organisations de défense des droits humains.

Le Forum mondial de lutte contre le terrorisme façonne les politiques de contre-terrorisme à l’échelle internationale. Cette plateforme, travaillant en étroite collaboration avec les instances onusiennes, est dirigée par deux co-présidents. Le président français Emmanuel Macron a proposé le 11 janvier dernier, la co-présidence entre l’Union européenne et l’Égypte. Une initiative qui a provoqué de vives réactions.

Le média Disclose avait révélé comment Le Caire utilise les informations fournies par Paris, dans le cadre de la coopération militaire, pour cibler des réseaux de trafiquants et entraînant la mort de nombreux civils. Des exactions flagrantes des droits humains et une dérive incontestable du régime égyptien ont été observées. Pourtant, cela n’a pas empêché la France de soumettre une telle proposition.

L’annonce faite au lendemain de la fermeture forcée de l’organisation cairote Réseau arabe pour l’information sur les droits de l’Homme, dans le collimateur du gouvernement égyptien, fait la lumière sur la complicité étroite entre la France et l’Égypte, dans les violations des droits humains.

Pour le spécialiste des droits de l’Homme, l’avocat égyptien Ahmed Mefreh, « Nommer l’Égypte à la présidence de tout forum international de lutte contre le terrorisme, c’est se moquer des atteintes aux droits de l’Homme commises en Égypte sous couvert de la guerre contre le terrorisme ». Cette position est partagée par des organisations non gouvernementales internationales comme Human Rights Watch (HRW).

Dans un communiqué datant de ce mardi 25 janvier, HRW décrit le pays des Pharaons comme « un trou noir des droits humains » où « les forces de sécurité répriment sévèrement la société civile et commettent de graves abus contre de nombreux défenseurs des droits humains, journalistes, avocats, manifestants, opposants politiques, hommes d’affaires et proches de militants, en les accusant sans preuve d’être ‘terroriste’ ».

L’arrivée de Abdel Fattah al-Sissi au pouvoir en 2013 a sonné le glas pour les droits de l’Homme et les libertés fondamentales. Emmanuel Macron, sous couvert de renforcement de la coopération franco-égyptienne, se rend complice et coupable des atrocités commises sur le sol égyptien. Pis encore, la patrie des droits de l’Homme, bafoue les valeurs et principes républicains qu’elle prône. Son rayonnement international, autrefois basé sur son militantisme et son activisme pour les libertés et droits universels connaît aujourd’hui une dérive sans précédent.

La France humanitaire n’est plus.