Depuis quelques semaines, le gouvernement français a engagé une offensive contre la communauté musulmane. La fermeture des écoles, des structures associatives de lutte contre l’islamophobie, ou encore des comptes bancaires des mosquées renforce la marginalisation et l’exclusion des musulmans de la société française. 

A l’approche de l’élection présidentielle, prévue en avril 2022, le débat publique se cristallise autour du probl​​ème « islam ». Le gouvernement multiplie les décisions pour mettre fin à la radicalisation et lutter contre l’islamisme. Pourtant, cette bataille, qui semble défendre les principes et valeurs républicains, n’est en réalité qu’un subterfuge pour mettre aux bancs de la société les musulmans.

Le ministère de l’Intérieur, ​avec à sa tête Gérald Darmanin, a fait de la marginalisation des musulmans son cheval de bataille. Le 26 octobre dernier, il a annoncé que plusieurs associations et lieux de culte musulmans seraient fermés d’ici la fin de l’année 2022. La raison évoquée est la promotion de l’islamisme radical. Ces mesures extrêmes, interviennent après la dissolution de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie, qui selon le ministre appelait « à la haine, à la violence et à la discrimination ». 

L’exclusion des musulmans, des différents espaces de la vie politique, économique et sociale, sur des accusations souvent infondées et injustifiées, suscite l’indignation et la colère de plusieurs associations de défense des droits humains. Lallab, une association féministe et antiraciste, qui faire entendre les voix des femmes musulmanes s’insurge face ​​à la criminalisation des pratiques musulmanes. Dans un communiqué, elle dénonce ces pratiques, contraires aux idéaux et principes de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. 

« Ces dissolutions et fermetures administratives se déroulent également dans une relative indifférence (en dehors des milieux antiracistes et de défense des droits) et un silence glaçant des médias grand public qui ne font que renforcer les sentiments d’isolement et d’injustice » peut-on lire sur le communiqué. 

Les droits et libertés menacés

La promulgation de la loi sur le renforcement des principes républicains, entend apporter des réponses au repli communautaire et au développement de l’islamisme radical. Cette loi qui entend lutter contre le séparatisme et les atteintes à la citoyenneté légitimise en réalité un racisme d’Etat. Elle représente une menace au libre exercice démocratique et une entrave aux libertés individuelles telles que la liberté d’association ou de culte. 

Sous l’étendard de la démocratie et des valeurs de la République, c’est une véritable dictature qui s’impose en France. La Macronie joue les mêmes cartes que l’extrême droite, et met en péril les droits et libertés des citoyens issus de la communauté musulmane. Cette action massive de Gérald Darmanin bafoue le principe inaliénable de laïcité, tel que défini par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, sur lequel l’Etat français s’est construit.