Ils partagent jour après jour des versets du Coran sortis de leur contexte général pour montrer que l’islam est une religion violente. Les ex-musulmans ont le vent en poupe : invités réguliers des médias, ils sont la caution des chaînes de télévision et des laïcs-qui-ne-sont-pas-islamophobes pour déverser leur haine des musulmans.

L’Obs consacre un dossier au phénomène #ExMuslims. Des « anciens musulmans qui fustigent l’islam », résume le magazine.

Ce mouvement est né en Allemagne et au Royaume-Uni il y a plus de dix ans. Depuis, la fièvre #ExMuslims a envahi la France. Sur les réseaux sociaux, ces personnes, présentées comme des apostats, arborent souvent fièrement la photo de Raif Badawi, bloggueur saoudien condamné pour blasphème, et n’hésitent jamais à utiliser la cause iranienne pour fustiger le voile… en France.

Ils s’appellent Zineb El Rhazoui, Majid Oukacha ou encore Waleed Al-Husseini et disent avoir été musulmans avant d’en revenir. Mais l’enquête de L’Obs démontre surtout comment l’athéisme de ces personnes est devenu un prétexte pour mieux servir l’islamophobie.

Comme l’écrit le magazine, ces #ExMuslims « cultivent une ambiguïté avec l’extrême droite » — Majid Oukacha et Waleed Al-Husseini, Zineb El Rhazoui est publiée par Ring —, mais ils n’en demeurent pas moins relayés par des groupuscules comme le Printemps républicain pour étayer une pseudo-critique de l’islam qui ressemble plus à une campagne contre les musulmans.

Si, en Allemagne, ces #ExMuslims restent éloignés pour certains de l’extrême droite, en France, on est loin du divorce. Mais qu’est-ce qui motive vraiment ces apostats à s’ériger en symboles de l’islamophobie ? C’est en tout cas un bon tremplin médiatique. Malgré les propos souvent agressifs.

Même Hakim El Karoui, de l’Institut Montaigne, estime que ces #ExMuslims « ont tendance à caricaturer et donc à avoir un discours hostile à l’islam. Ils ont le droit de le dire, mais ils participent à l’antagonisation du débat avec les islamistes d’un côté, les islamophobes de l’autre ».

Surtout, ils resteront, pour les médias, des « Arabes comme les autres ». Pour preuve, ce débat entre Eric Zemmour et Zineb El Rhazoui, lors duquel le polémiste a réussi à rappeler à l’ex de Charlie Hebdo qu’elle n’était pas une Française comme les autres. Ou comment les #ExMuslims resteront, pour les médias, des faire-valoir.