Une touriste en visite au Qatar a écopé d'une peine d'un an de prison avec sursis pour adultère, alors que son agresseur a, lui, écopé de coups de fouet, pour adultère également.

140 coups de fouet. Voilà la peine prononcée au Qatar contre un violeur, dont la victime a été condamnée à un an de prison ferme avec sursis pour adultère.

Dans les pays du Golfe, on ne badine pas avec le viol. Sauf que quand la justice frappe fort, c’est vis-à-vis des victimes et non des coupables. En 2013, à Dubaï, une Norvégienne a été condamnée pour adultère après avoir été violée. Marte Dalelv avait écopé de seize mois de prison avant d’être graciée suite à la pression internationale. Cette fois, c’est au tour d’une touriste néerlandaise de faire les frais des lois liberticides au Qatar. Celle-ci, âgée de 22 ans, a été condamnée à un an de prison avec sursis pour adultère suite à une plainte pour viol. Une peine qui devrait être remplacée par une expulsion et une amende de 3 000 riyals, soit 730 euros environ.

Adultère, viol et consommation d’alcool

C’est en mars que les faits ont eu lieu. La jeune femme s’est, selon son avocat, rendue dans un hôtel pour y boire un verre. Elle est alors « allée danser, mais quand elle est revenue à sa table, après la première gorgée de sa boisson, elle s’est rendue compte que quelqu’un avait ajouté quelque chose dans son verre. » La suite, c’est un trou de mémoire de plusieurs heures. La touriste s’est réveillée « dans un appartement complètement inconnu », où elle a réalisé « qu’elle a été violée. » Lorsqu’elle part porter plainte au commissariat, elle est arrêtée pour « relations sexuelles en-dehors des liens du mariage. »

Le ministère néerlandais des Affaires étrangères s’est rapidement saisi de l’affaire, préférant ne pas l’ébruiter. Mais la famille a rapidement brisé le silence pour dire à la presse son inquiétude. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #FreeLaura a été créé, alors que l’avocat assure que la Néerlandaise et sa mère « ont subi des pressions pour qu’elle épouse son agresseur », un expatrié qui assure que la relation était consentie. Celui-ci accuse même la touriste d’avoir proposé ses faveurs contre rémunération. L’agresseur a finalement écopé de cent coup de fouet, lui aussi pour adultère, et de quarante autres coups pour consommation d’alcool.

Yassine Bannani

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