Samedi, après près de trois mois de détention dans le très luxueux Ritz-Carlton de Riyad, le prince Waleed Bin Talal a recouvré sa liberté. Arrêté le 4 novembre suite à une opération de grande ampleur de lutte contre la corruption lancée par le prince héritier, le milliardaire saoudien est rentré chez lui. Mais il est maintenu en résidence surveillée, indique une source proche du dossier.

Pressions, menaces de procès et accord financier

La libération de Waleed Bin Talal serait due à un accord financier avec les autorités saoudiennes. Sans qu’aucun chiffre ne filtre. Et pendant ce temps, de nombreuses autres personnalités sont encore détenues : le milliardaire a en effet fait partie d’une série de 350 arrestations lors d’une purge lancée par Mohammed Ben Salman. Middle East Eye affirme que la plupart des suspect ont été libéré après des accords financiers avec le royaume.

Mais qu’a bien pu négocier Waleed Bin Talal avec « MBS » ? Selon des sources proches des deux hommes, le prince hériter aurait exigé de Bin Talal que ce dernier cède la Kingdom Holding Company, son groupe qui possède notamment le célèbre hôtel de luxe George V à Paris. Waleed Bin Talal aurait refusé et demandait un procès en bonne et due forme, avant de conclure finalement un accord.

Encore 95 personnalités détenues sur les 350 arrêtées

« Il n’y a pas d’accusation, il y a juste quelques discussions entre moi et le gouvernement », expliquait le milliardaire dans une interview le week-end dernier, ajoutant que tout serait fini « dans quelques jours. » Waleed Bin Talal était alors certainement en train de finaliser son accord avec MBS dans ce qui ressemble à une opération de racket à grande échelle.

Aujourd’hui, seules 95 personnes sont toujours détenues. D’autres, comme Waleed al-Ibhrahim, patron de l’empire médiatique MBC, Khaled Tuwaijri, ancien chef de la cour royale saoudienne, Turki bin Nasser, ancien chef de l’agence de météorologie du pays, ou encore l’ancien chef de la Garde nationale, le prince Miteb bin Abdullah, ont été libérés en déboursant des sommes allant jusqu’à 1 milliard de dollars.

En tout et pour tout, le royaume aurait empoché, grâce à ces accords financiers, près de 100 milliards de dollars. De quoi renflouer le budget de l’Etat, qui en avait bien besoin. De quoi également libérer le Ritz-Carlton, qui va à nouveau pouvoir accueillir de riches touristes à partir du 14 février, les chambres bloquées par ces détenus VIP se libérant l’une après l’autre.