Surpopulation, matelas au sol, crasse, bruit incessant : 29 détenus français avaient porté plainte pour dénoncer leurs conditions de détention. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) leur a donné raison, jeudi 30 janvier, en condamnant la France. La justice européenne recommande à l’Etat « d’envisager l’adoption de mesures générales visant à supprimer le surpeuplement et à améliorer les conditions matérielles de détention », selon un communiqué de presse diffusé par la Cour.

« Aujourd’hui on emprisonne considérablement en France, en tout cas trop par rapport à notre parc carcéral et ce d’autant plus qu’il est extrêmement vétuste, donc l’enfermement se déroule dans des conditions extraordinairement difficiles », avait pointé l’avocat des détenus, Me Patrice Spinosi, avant la décision. Il estime « qu’il « faut avoir une réflexion autour de l’utilité de la prison ».

Les requérants dénoncent également l’absence de recours effectif dont ils disposent, puisque le Conseil d’Etat a reconnu la violation des droits fondamentaux des détenus dans certaines prisons mais estimé qu’il n’était pas du ressort des juges administratifs d’arbitrer les choix de gestion d’un établissement pénitentiaire ou la politique pénale.