Auparavant fixée à 14 ans, la limite d'âge d'emprisonnement des mineurs en Israël va passer à 12 ans suite au vote d'une nouvelle loi.

Les Parlementaires israéliens viennent de voter une loi abaissant l’âge minimum de condamnation des mineurs, notamment palestiniens, de 14 à 12 ans.

Vous avez été choqué par la condamnation d’un Palestinien de 14 ans à six ans et demi de prison, assortie d’une grosse amende, pour une attaque au couteau ? Alors, la nouvelle loi israélienne va vous étonner. En effet, les lois israéliennes interdisaient jusqu’à présent l’emprisonnement de mineurs de moins de 14 ans. Cet âge minimum va finalement être abaissé à 12 ans suite à une décision du Parlement israélien, qui indique que cette nouvelle loi « permettra aux autorités d’emprisonner un mineur reconnu coupable d’un crime grave comme un meurtre, une tentative de meurtre ou un homicide, même si il ou elle a moins de 14 ans. » Ce nouveau texte, adopté mardi soir par la droite pro-Netanyahu, montre la radicalisation des dirigeants israéliens.

Israël veut une « approche plus agressive »

Si, dans les textes, les mineurs de 12 à 14 ans ne pouvaient pas être condamnés, dans les faits, ils pouvaient l’être. Notamment parce que les Palestiniens de Cisjordanie ne sont pas soumis aux textes de loi habituels mais à la loi militaire, pour laquelle il n’y a pas de limite d’âge pour être condamné. Mais en votant cette nouvelle loi, le Parlement estime que la réalité — les dernières attaques perpétrées par des adolescents ont été plus nombreuses ces derniers mois — « exige une approche plus agressive » de la part de l’Etat colonisateur. « Peu importe à ceux qui sont assassinés d’un coup de couteau dans le coeur que l’enfant ait 12 ou 15 ans », résume laconiquement Anat Berko, députée du Likoud et marraine de la loi. Une loi qui a également été soutenue par Ayelet Shaked, la ministre de la Justice.

Mais du côté des ONG locales, l’heure est à la dénonciation. Selon les autorités israéliennes, 438 mineurs palestiniens sont détenus dans des prisons. Or, indique une ONG, en cellule, « les enfants emprisonnés n’ont par exemple pas le droit d’avoir de visite de leur famille les trois premiers mois. Ils n’ont pas non plus le droit de passer un coup de téléphone à leur famille. » Une autre organisation, B’Tselem, interpelle le Parlement israélien.  Elle estime à propos des enfants que, « plutôt que de les envoyer en prison, Israël ferait mieux de les envoyer à l’école, où ils grandiraient dans la dignité et la liberté, et non pas sous le régime de l’occupation. »

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