Mort en juillet 2015, Saud Al-Faiçal, qui fut ministre des Affaires étrangères saoudien pendant près de quatre décennies, a emporté avec lui un drôle de secret. L’affaire part d’une facture non réglée. Celle-ci est datée de décembre 2015, soit près de six mois après le décès du prince saoudien. La somme en jeu est dérisoire pour le royaume wahhabite : 90 000 euros. Mais son non-paiement donne lieu à une bataille judiciaire qui pourrait écorner un peu plus l’image de l’Arabie Saoudite, dont les discours semblent en décalage total avec les actes.

Retour sur une affaire de mœurs pas comme les autres. Comme le révèle le Journal du Dimanche daté du 1er avril, la société Atyla réclame à la société civile immobilière (SCI) 25 avenue Bugeaud 90 000 euros et, faute de règlement, a décidé de porter l’affaire devant la 7e chambre civile du TGI de Nanterre. Une simple affaire de créances non réglées ? Pas vraiment. L’avocat d’Atyla menace de diffuser des films très compromettants si la SCI saoudienne ne daigne pas régler ses dettes.

Une facture de film X jamais réglée

Et ces films sont une véritable épine dans le pied de la famille royale : ce sont effectivement des productions pornographiques qui mettent en scène… la maîtresse de Saud Al-Faiça. L’avocat d’Atyla affirme que cette société de « conciergerie privée » a réalisé un film X pour le compte de la SCI 25 avenue Bugeaud. Et « la facture n’a jamais été réglée », indique le requérant, alors que la SCI dément avoir commandé une telle prestation. Une société civile immobilière qui était censée s’occuper de la gestion d’un hôtel particulier situé dans le 16e arrondissement de Paris pour le prince Saud Al-Faiçal et sa famille.

Sauf que l’ancien patron de la diplomatie saoudienne semble avoir utilisé sa société pour des prestations allant bien au-delà de la simple gestion immobilière. Et les Saoudiens ont beau démentir, les faits sont précis : des échanges de courriels relatifs au tournage et au script d’un film X ont même été versés au dossier. L’actrice principale de ce film est marocaine, et serait sans aucun doute la maîtresse de Sauf Al-Faiçal.

Une maîtresse qui hérite d’un appartement de luxe

Et cette histoire de film n’est peut-être que le début d’un véritable scandale d’Etat. Car la jeune femme marocaine semble avoir profité d’avantages non négligeables de la part de l’ancien ministre des Affaires étrangères. Après le décès du prince, l’actrice d’un jour était par exemple devenue gérante d’une société civile immobilière et donc d’un luxueux appartement qui appartenait à l’époque à Saud Al-Faiçal, assure le JDD. Embêtant au moment où le prince héritier tente de faire croire qu’il lutte activement contre la corruption.

L’omerta autour de cette affaire est totale : ni la maîtresse marocaine, ni la famille royale ne souhaitent réagir. Mais la société qui a facturé le film pourrait bien, si elle livrait le film à la justice, lâcher une véritable bombe, qui ferait tâche. L’affaire doit se plaider mi-novembre, il reste donc quelques mois à la famille royale pour régler cette affaire le plus loin possible des médias. Car à un moment où l’Arabie Saoudite lance une véritable opération de communication pour tenter de faire croire qu’elle avance sur les droits des femmes, une maîtresse qui détient un appartement et qui a joué dans un film X pourrait bien nuire à la communication du royaume.