Un des drames dans le drame de cette pandémie tient aux restrictions associées à l’accompagnement des mourants par leurs proches et à la prise en charge des corps par ces derniers.

Cette situation terrible est vécue avec d’autant plus d’angoisse par la communauté musulmane, que notre religion prescrit divers actes essentiels au passage de la personne décédée vers de meilleurs cieux, en particulier la récitation de prières à son chevet et le lavage du corps.

S’il est bien certain qu’Allah, dans son infinie sagesse, pardonne l’absence d’accomplissement de ces rites, étant donné le contexte qui les empêche actuellement, s’ajoute toutefois pour les croyants, une angoisse spirituelle à la souffrance de la perte de l’être aimé.

Je pense notamment à Zahoua et à sa famille. Cette sœur, âgée de 87 ans , vient de décéder du Covid-19 à l’Hôpital Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois. Elle est morte seule. Sans sa famille, sans prières, sans pouvoir être lavée selon nos rites.

Un drame dans le drame. Dans ces moments d’extrême dénuement où rien n’est possible, il convient plus que jamais de se tourner – chez nous – vers cet acte commun à toutes les religions du livre et qui est le pilier de notre relation directe avec Dieu, le pilier de notre foi.

Prions. Prions pour Zahoua et sa famille. Prions pour les morts et les malades. Prions et restons chez nous.