Plus de 30 % pour l’extrême droite. C’est le score du premier tour de la présidentielle qui s’est joué hier, tout au long de la journée. Si Jean-Luc Mélenchon a, un temps, espéré être au second tour, c’est finalement Marine Le Pen, du Rassemblement national, qui affrontera Emmanuel Macron lors de ce second tour qui s’annonce en faveur du président sortant.

Ce qui marquera à jamais les esprits, c’est le score de l’extrême droite réunie. Car outre Marine Le Pen et ses 23,4 % de suffrages en sa faveur, Eric Zemmour comptabilise 7,1 %. Certes, assez loin du score qui lui avait été prédit par les instituts de sondages. Mais cela porte l’extrême droite à plus de 30 %.

Un quart des Français gênés par les Arabes

La France est-elle raciste ? A en croire les études, elle l’est certainement moins qu’auparavant : une enquête Ifop affirmait en effet l’an dernier, que les résultats de son sondage tendaient « à corroborer le constat fait la CNCDH dans son baromètre d’une société française plus tolérante. Ainsi, si en 1984, un tiers des Français se déclaraient gênés à l’idée d’avoir comme voisin une famille arabe (32%), cette proportion n’est ‘plus’ que d’un quart en 2021 (26%) ».

On aurait, en France, moins de personnes racistes qu’il y a un demi-siècle. Mais alors de quoi les résultats de l’extrême droite hier soir sont-ils le nom ? Force est de constater, depuis l’étude Ifop notamment, que la parole raciste s’est libérée, notamment dans les médias. On a particulièrement laissé, dans les médias, la parole à un candidat qui a autrefois été condamné pour des propos haineux envers les Arabes et les musulmans. Eric Zemmour a eu une tribune libre ces derniers mois et le racisme semble presque être devenu une opinion. Or, en 2022, le racisme reste pourtant un délit.

Pas raciste, mais…

Un Eric Zemmour qui a tellement décomplexé le racisme qu’il a fait du Rassemblement national un parti presque fréquentable. Emmanuel Macron a bien tenté, dans une interview au Parisien, de dénoncer « le programme raciste » de Marine Le Pen « qui vise à cliver la société et d’une grande brutalité ». La présidente du Rassemblement national s’est dite « choquée d’entendre le président de la République, qui est le garant de la Constitution, (l)’accuser de racisme » et l’a mis « au défi de trouver une seule proposition dans (son) programme qui discrimine les Français en raison de leur origine, de leur religion ou de la couleur de leur peau, parce que c’est ça le racisme ».

En résumé, en France, on n’est pas raciste, mais… « Mais », car le « grand remplacement » a été l’un des chevaux de bataille des différents candidats. En 2017, le RN expliquait : « On n’est pas racistes, mais on est chez nous ». Il a donc été question de droits des étrangers, de politiques migratoires, d’islam ou de reconquête de la France. Bref, de racisme sans le nommer.

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