A Tizi-Ouzou et Bouira (90 km à l’est et 80 km au sud-est d’Alger), deux des principales localités de Kabylie, région montagneuse majoritairement berbérophone, toutes les opérations de vote sont arrêtées, selon plusieurs sources.

A Tizi Ouzou, les gendarmes tirent des gaz lacrymogènes pour repousser des manifestants qui tentent de prendre d’assaut le siège de la préfecture, ont rapporté des témoins à l’AFP.

A Bouira (80 km au sud-est d’Alger), l’antenne locale de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), chargée d’organiser et de superviser le scrutin, a été saccagée, ses bureaux vidés et les documents déchirés, avant d’être partiellement incendiée, selon un journaliste local.

A Béjaïa (180 km à l’est d’Alger), grande ville de la région, des opposants à ce scrutin, perçu par la contestation qui agite l’Algérie depuis février comme une manœuvre du régime pour se régénérer, « ont saccagé des urnes et détruit une partie des listes électorales » et des bulletins à l’école Ibn Toumert de Béjaïa, ont rapporté des témoins, contactés par l’AFP.

Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent de nombreux jeunes déchirant des listes électorales dans une cour d’école jonchée de bulletins de vote.

Des habitants avaient précédemment fait état d’un deuxième centre de vote saccagé, ce qu’ont démenti des sources sécuritaires à l’AFP. En revanche, deux centres de vote sont assiégés et les opérations de vote ont dû être arrêtées dans l’un d’entre eux, selon ces sources.

A Tizi Ouzou, les bureaux de vote ont été assiégés peu après le début du scrutin, et les assesseurs ont préféré les fermer et évacuer les urnes qui comportaient déjà quelques bulletins, selon des témoins. Dans le reste de la préfecture de Tizi Ouzou, le matériel électoral n’a pu être acheminé, les habitants ayant muré de nombreux bâtiments administratifs où il devait être entreposé.

A Bouira, « tous les bureaux de vote sont fermés », a indiqué à l’AFP le journaliste local. Une grande manifestation sillonne la ville a-t-il ajouté.

Le vote est également arrêté dans les localités de Ras Bouira et Haizer, en périphérie de la ville, où des affrontements ont opposé — jets de pierre contre grenades lacrymogènes — manifestants et policiers dans la matinée, faisant un nombre indéterminé de blessés, selon ce journaliste.

Selon les chiffres publiées par l’Autorité nationale des élections, la participation est quasi-nulle à Tizi Ouzou (0,02%) et Béjaïa (0,12%).

Dans le centre d’Alger, les portes d’un bureau de vote ont été fermées par précaution, à l’approche d’une foule estimée à une dizaine de milliers de personnes, qui bravent un important dispositif policier pour manifester contre le scrutin.

Toute la matinée la police était très rapidement et très brutalement intervenue pour empêcher les manifestants de se rassembler, procédant à une dizaine d’arrestations et sommant les passants de quitter les lieux.

Les cinq candidats à la présidentielle sont tous considérés par la contestation comme des enfants du « système » et accusés de lui servir de caution.