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Présidentielle 2017 : mais où est passée la question des quartiers populaire ?

A une semaine de l’élection présidentielle, Asif Arif et Slimane Tirera tirent la sonnette d’alarme : les candidats sont totalement passés à côté du sujet crucial des quartiers populaires.

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Communauté chinoise en colère, affaires Théo ou Adama Traoré, ou encore laïcité en banlieue et lutte contre le terrorisme dans les quartiers populaires, il semble que les candidats à la présidentielle de 2017 se sont désintéressés des questions liées aux quartiers pour ne s’intéresser qu’aux questions – non sans importance – ouvrières pour certains et purement patronale pour d’autres. Or, l’abolition même du clivage droit / gauche, dont cette campagne regorge, met nécessairement les candidats face au grand oral des banlieues.

Radicalisation et banlieue : on arrête le mythe ?

En fin de compte, comment résoudre la question des violences policières dans un premier temps et de lutte contre le terrorisme en quartiers populaires dans un second temps. On reproche, assez souvent dans la tempête médiatique, que les jeunes de banlieue sont les plus radicalisés. Mais pourquoi ne prend-t-on pas en compte la radicalisation de leurs vies qui passe par l’absence de perspective économique, l’absence de politique urbaine concrète ou encore et tout simplement le délaissement des autorités politiques des banlieues ?

En réalité, la radicalisation se nourrit souvent de politiques publiques favorisant le délaissement de plusieurs quartiers. Or, la reprise de ces quartiers ne passe pas par un renforcement du dispositif policier afin d’accuser des polémiques nationales du type de l’affaire Théo qui n’arrangent ni l’image des policiers, ni l’image des banlieues.

Cela passe en effet par une constance dans la présence de l’Etat dans les quartiers populaires, à travers les aides à l’entreprenariat, l’aide aux développements des startups dans ces villes et surtout un accompagnement afin de faire sortir les jeunes de la précarité.

La rénovation urbaine : c’est pour quand ?

En réalité, les banlieusards ont l’impression qu’à part quelques candidats, la visite des banlieues est un rituel sabbatique qui intervient tous les cinq ans, pour retrouver de la confiance auprès des jeunes de banlieue. Mais en réalité, l’attente des jeunes issus des quartiers populaires est très importante.

Quand est-ce que l’on va considérer qu’il faut rénover le parc urbain des banlieues en créant davantage d’emploi dans ces villes en incitant fiscalement les entrepreneurs à s’y établir et à y établir des franchises ? Est-il normal qu’un jeune de banlieue est obligé de faire plusieurs kilomètres pour avoir accès à un magasin alors que les parisiens peuvent y avoir accès en quelques mètres à l’heure où on parle, depuis des années, du Grand Paris ?

A quand le grand plan de lutte contre les discriminations ?

Certes, une loi sur les discriminations est passée. Mais que fait-on de ces centaines de cas de femmes voilées discriminées à l’embauche parce qu’elle porte le voile ? Que fait-on d’autre pour ces centaines de personnes qui subissent la discrimination d’adresse ? Le CV anonyme, qui pouvait portait des bienfaits, est désormais désuet, dans une société où le racisme sans complexe se pratique de plus en plus.

Force est de constater qu’à ces questions, aucun candidat n’a su apporter des réponses concrètes. Bien plus encore, la campagne présidentielle encourage la montée du populisme en frappant de plein fouet sur les mesures sécuritaires et populistes qui n’arrangeront rien aux problématiques des banlieues. Bien au contraire, les rapports seront bien plus tendus ensuite.

* Asif Arif est avocat au Barreau de Paris, auteur spécialisé sur les questions de libertés publiques. Slimane Tirera est directeur général de NewVO radio, acteur investi sur les questions de banlieues.

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