Le président iranien Hassan Rohani a critiqué la police des mœurs et déclaré : « Dieu nous a octroyé la dignité à tous les êtres humains et cette dignité précède la religion. »

Hassan Rohani, le président iranien, a critiqué ouvertement le recours excessif à la police des moeurs. Une police dont les agents sont chargés de veiller à ce que les femmes portent bien le voile et que les hommes aient des coiffures acceptables.

La police des mœurs iranienne, dont les 7 000 agents sillonnent les rues de Téhéran, n’a en théorie pas le droit d’arrêter qui que ce soit. En effet, cette police ne relève pas de l’autorité de l’exécutif iranien mais de celle du guide suprême Ali Khamanei. Car dans un pays resté longtemps fermé au reste du monde, notamment à cause des différents embargos et des sanctions internationales qui le touchaient ,le discours progressiste de celui qui fut élu grâce à une majorité de jeunes et de femmes… résonne fort.

Que faut il comprendre de la part de celui qui a réussi à sortir son pays de « l’axe du mal », quand il déclare sans ambiguïté que son « premier devoir est de préserver la dignité des personnes, ainsi que leur personnalité » et qu’il a ajoute : « Dieu nous a octroyé la dignité à tous les êtres humains et cette dignité précède la religion » ? Dans un pays où les autorités religieuses se sont toujours méfiées de l’hégémonie culturelle de l’oncle Sam, Hassan Rohani n’a jamais hésité à exprimer sa volonté d’ouverture.

Rohani a réussi à rendre l’Iran fréquentable

Car Rohani, dans le paysage politique iranien est respecté. Il est celui qui, à 18 ans, a rejoint l’ayatollah Khomeini, le Guide de la Révolution, dans son exil à Nadjaf, en Irak. Douze ans plus tard, après ses études à l’université de droit de Glasgow, il le rejoindra en France, à Neauphle-le-Château. Sous la présidence de son mentor, le président Rafsanjani (1989 à 1997), il présidera successivement la commission de la Défense pendant près de 10 ans, puis le Conseil de la sécurité nationale qui réunit les plus hauts responsables civils et militaires.

Pour sa candidature à l’élection présidentielle de 2013 — dont il sortira vainqueur —, il aura le soutien de deux anciens présidents de la République : Hachemi Rafsandjani, dont la candidature a été rejetée, et Mohammad Khatami. A bien y regarder, avec un tel parcours, on peut comprendre qu’il puisse se permettre une déclaration aussi offensive. Et puis n’est-il pas celui qui a réussi à rendre l’Iran fréquentable ?

Yunes Mohamed Aly

Laisser un commentaire