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Société

Pourquoi Tariq Ramadan va rester en prison

Ce mercredi, la demande de mise en liberté de Tariq Ramadan devrait être refusée après l’avis négatif rendu par le parquet et le juge d’instruction, qui parlent de possibles pressions sur les témoins et d’un risque de fuite.

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Suite à la demande, le 24 avril dernier, de mise en liberté de Tariq Ramadan, le parquet et le juge d’instruction viennent de notifier leur opposition. Ils estiment que la « poursuite de l’information est nécessaire. » Pour le parquet, « de multiples actes restent à effectuer », et selon la juge « le délai prévisible d’achèvement de la procédure peut être fixé à seize mois. » D’ici là, Tariq Ramadan peut-il espérer pouvoir préparer sa défense chez lui ? Rien n’est moins sûr.

Une réservation d’avion qui coûte cher

Alors que l’avocat de Tariq Ramadan pointe les incohérences des faits tels que racontés par Paule-Emma A., le parquet indique que « les vérifications faites par les enquêteurs sur commission rogatoire viennent contredire les déclarations du mis en examen sur son emploi du temps exact le 9 octobre 2009, mettant en évidence que M. Ramadan n’a pas pris le vol dont il produisait une réservation » et que, par conséquent, « ces éléments accréditent les déclarations de Mme A. » Tariq Ramadan, peut-on encore lire, « devra être interrogé précisément sur ses contradictions. »

Autre raison qui pousse le parquet à refuser la mise en liberté de Tariq Ramadan : le fait que, « s’agissant des faits dénoncés par les deux autres plaignantes, les auditions, interrogatoires et confrontations restent encore à effectuer. » Pour rappel, Henda Ayari a refusé la confrontation avant d’affirmer récemment être finalement « prête. »

Pressions, menaces et risques de fuite

Le maintien en détention provisoire se justifie également, selon le parquet par « le risque de pressions sur les témoins étant manifeste au regard du contexte de cette affaire et des manœuvres d’intimidation et de menaces dont font part les trois plaignantes. »

Quant au risque de fuite, la justice confirme que, malgré son appartement en région parisienne, Tariq Ramadan est « domicilié à l’étranger, à Londres, où il vit avec sa famille et se trouve titulaire d’un passeport suisse. Il est amené à se déplacer régulièrement dans divers pays, dans le monde entier. » Le parquet craint que le professeur quitte l’Hexagone et, même s’il s’est présenté à la convocation des enquêteurs il y a deux mois, cela « ne constitue pas une garantie de représentation suffisante, eu égard à ses dénégations répétées en confrontation avec Paule-Emma A. » Autrement dit : c’est parce qu’il nie les faits que le risque de fuite serait accru.

Le traitement médiatique a-t-il influencé le parquet ?

Dans ses réquisitions, le parquet estime que, à cause du « retentissement médiatique indéniable et qui perdure, (…) la remise en liberté de l’intéressé (…) serait de nature à créer un trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public. » La presse a, depuis le début de cette affaire à la fin de l’année 2017 et plus particulièrement depuis le 2 février dernier, diffusé de nombreuses fois les récits des plaignantes, tandis que l’avocat de Tariq Ramadan est apparu à la télévision mi-mars pour dénoncer la diffusion de « fausses informations. »

La décision, qui revient au juge des libertés et de la détention, est attendue ce mercredi. En cas de refus, Tariq Ramadan aura la possibilité de faire appel.

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