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Économie

Pourquoi SodaStream symbolise tant la bataille entre BDS et Israël

Le patron de SodaStream estime que la vente de son entreprise à PepsiCo est une victoire contre BDS. En 2016, il accusait pourtant Netanyahu de se servir de lui pour régler ses comptes avec le mouvement de boycott.

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La société israélienne qui fabrique des machines permettant de gazéifier les liquides vient d’être rachetée par PepsiCo pour la somme de 2,8 milliards d’euros. De quoi faire les choux gras du gouvernement israélien et du patron de la société qui voient là une belle occasion de crier haut et fort que BDS a perdu sa guerre contre l’Etat hébreu. Mais on est cependant loin de l’union sacrée entre le Premier ministre et le PDG de SodaStream, Daniel Birnbaum, qui s’en est pris à Benyamin Netanyahu lors d’une interview télévisée. Le patron a en effet demandé pourquoi il était si « difficile de donner une certaine reconnaissance aux minorités dans la population. »

Comment Netanyahu s’est servi de SodaStream pour régler ses comptes avec BDS

En 2016 déjà, Daniel Birnbaum critiquait la politique, économique cette fois, de Benyamin Netanyahu, qu’il surnommait alors « le premier ministre du conflit. » Car ce dernier s’est largement servi de SodaStream pour régler ses comptes avec la Palestine : le gouvernement, en 2016, a par exemple refusé de renouveler les permis de travail de 74 employés palestiniens qui ne pouvaient donc pas se rendre dans l’unité de production de Rahat, dans le Negev. Sous la pression de l’entreprise, le gouvernement avait finalement cédé. Pour le PDG de SodaStream, il s’agissait alors d’un « sacrifice humain » devant permettre de montrerque le mouvement BDS est « mauvais pour les Palestiniens. »

Alors qu’il vend son entreprise au géant américain du cola, Daniel Birnbaum n’a pas non plus manqué de charger BDS. A propos de ses militants, le PDG a estimé qu’ils avaient « appris qu’il ne fallait pas se mêler de nos affaires. Regardez ce qui est arrivé à SodaStream qu’ils ont ciblé, et ce qui leur est arrivé. » Le patron de l’entreprise israélienne s’est même permis de prendre de haut le mouvement : « Qui est le BDS ? », a-t-il demandé. Oubliant certainement que, en 2014, SodaStream avait dû fermer son usine de Cisjordanie pour déménager dans le sud d’Israël, sous la pression du mouvement.

Une campagne BDS réussie dans les pays nordiques

Daniel Birnbaum a la mémoire courte : auditionné par le Congrès américain en 2014, il indiquait être la cible de BDS depuis 2007. « Cela a empiré au fil des ans », déplorait-il alors, parlant de « fausses déclarations » à son sujet de la part du mouvement qui avait réussi à faire boycotter la marque par des chaînes de distribution britanniques et danoises, mais aussi à Trieste en Italie ou encore à Tokyo. « L’impact le plus significatif du mouvement BDS sur nos activités est peut-être venu des pays nordiques, en particulier de Suède », avait affirmé Daniel Birnbaum qui parlait alors d’un « lavage de cerveau de la machine de propagande BDS » très efficace.

Aujourd’hui, Daniel Birnbaum semble donc avoir remporté sa bataille contre BDS et n’hésite donc pas à toiser le mouvement de boycott. Mais BDS accuse toujours l’entreprise d’« épuration ethnique des Bédouins palestiniens du Néguev. » Autant dire que la campagne BDS qui vise SodaStream est loin d’être terminée. Interrogé à ce sujet, le patron de PepsiCo a assuré que SodaStream resterait en Israël au moins encore quinze ans. Pour Ramon Laguarta, PepsiCo promeut une « diversité de valeurs » et est « à l’aise » avec ce que représente SodaStream. Pour le PDG, PespsiCo travaille depuis des années avec Israël, sans aucun souci. Pas sûr cependant que BDS en reste là, malgré le passage de SodaStream sous pavillon américain.

 

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