Israël veut expulser Omar Shakir, directeur d’HRW pour Israël et les Territoires palestiniens et citoyen américain, accusé de soutenir le boycott de l’Etat hébreu, malgré ses dénégations.

Ken Roth, directeur exécutif de HRW basée à New York, a déclaré jeudi soir à l’AFP que Donald Trump avait fourni au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu la protection dont il avait besoin pour réprimer toute critique envers Israël concernant les droits humains.

« Le gouvernement Netanyahu aurait-il essayé d’expulser Omar (Shakir) sans Trump à la Maison Blanche? J’en doute. Je pense que Trump a donné le feu vert à tout ce que Netanyahu veut faire », a indiqué M. Roth à l’AFP.

Fervent allié de M. Netanyahu, le président Trump a rompu en décembre 2017 avec des décennies de consensus diplomatique en reconnaissant unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël et a multiplié les faveurs envers le Premier ministre.

M. Roth était en visite en Israël pour assister à l’audience de M. Shakir qui a fait appel contre son expulsion. Mais l’audience a été reportée à la dernière minute et ne se tiendra pas avant septembre.

Le 9 mai 2018, le ministère de l’Intérieur avait annoncé mettre fin au permis de séjour d’Omar Shakir sur la base de déclarations faites avant de rejoindre l’ONG et dans lesquelles il saluait la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

Le BDS est une campagne mondiale de boycott économique, culturel ou scientifique d’Israëldestinée à obtenir la fin de l’occupation et de la colonisation des Territoires palestiniens.

Le Parlement a adopté en 2017 une loi interdisant l’entrée sur le territoire à tout non Israélien ou non résident permanent qui aurait appelé au boycott de l’Etat hébreu.

HRW ne soutient pas le BDS et la tentative d’expulsion d’Omar Shakir est une tentative d’empêcher toute critique contre Israël, a affirmé Ken Roth.

« C’était une cible facile en raison de ses origines (irakiennes, NDLR) et de ses combats du temps de ses études universitaires », a-t-il dit à l’AFP.

Les positions du directeur d’HRW pour Israël et les Territoires palestiniens sont « à 100% celles d’HRW », a assuré M. Roth, pour qui M. Shakir a le droit d’avoir ses convictions personnelles.

« La seule chose sur laquelle nous insistons, c’est qu’une fois que (les employés) nous ont rejoint, ils soient scrupuleusement précis et qu’ils respectent nos principes ».

En essayant d’expulser Omar Shakir, Israël rejoint un « groupe de pays très laids », dont font partie la Corée du Nord et l’Iran, qui harcèlent HRW, a encore estimé M. Roth.

« En général, lorsque je visite un pays, j’essaie de voir le chef du gouvernement. Nous avons reçu une réponse (du bureau de M. Netanyahu) disant qu’il était trop occupé. Nous avons donc proposé de rencontrer un autre officiel mais nous n’avons pas eu de réponses ».