Pouria Amirshahi quitte le monde des partis. Il quitte surtout un PS qui « gouverne par la peur. » Le député ne mâche pas ses mots...

Le député de la 9e circonscription des Français établis hors de France, Pouria Amirshahi, vient de claquer la porte du PS, des partis en général et bientôt de la politique.

Il est de ceux qui défendent, depuis plusieurs années déjà, la laïcité telle qu’elle est énoncée dans la loi de 1905. Il est de ceux qui ont soutenu Jean-Louis Bianco et son Observatoire de la laïcité face à Manuel Valls et aux laïcistes de Marianne. « Partie intégrante de notre patrimoine républicain et citoyen, la laïcité permet le respect mutuel des consciences », écrivait Pouria Amirshahi sur son blog en 2013. Trois ans après avoir appelé à « dépassionner le débat, parfois caricatural, qui a trop souvent dénaturé cette notion complexe au gré des intérêts politiciens et idéologiques », le député socialiste a décidé de quitter la vie des partis politique. « Les partis sont au mieux incapables, au pire dangereux », dit-il.

L’Etat a « légalisé le vol de l’argent public »

Pouria Amirshahi dénonce « un système institutionnel à bout de souffle. » Après ses années de militantisme, le désormais ex-socialiste explique que « notre système, confiscatoire de pouvoirs et de richesses, mène à l’abîme démocratique, social ou écologique. » Ils sont rares, les hommes politiques, à oser quitter le monde des partis. Certes, Pouria Amirshahi n’en veut pas plus au PS qu’aux autres formations politiques. Il en veut aux néoconservateurs, dont les « alliés sont désormais issus du bloc réactionnaire : déchéance de nationalité, état d’urgence, surenchère pénale, droit du travail. » S’il est un frondeur qui symbolise bien la rupture entre les différentes tendances du PS, c’est bien Pouria Amirshahi. Sauf que l’homme est allé au bout de ses convictions en renonçant à se représenter dans un an à son poste de député.

Les dernières décisions du pouvoir ont précipité sa décision. Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et le pacte de responsabilité, en particulier, qui ont, selon lui, « légalisé le vol de l’argent public dont on dit pourtant qu’il est si rare. 40 milliards d’euros donnés sans conditions, sans que les salariés aient vu le début d’une amélioration substantielle de leur niveau de vie ! » Mais aussi le choix des autorités « de gouverner par la peur. » Et puis, il y a cette Légion d’honneur venue récompenser le prince héritier saoudien. Il est, estime Pouria Amirshahi, « irresponsable et inadmissible de décorer de la plus haute distinction française un représentant de l’Arabie saoudite, pays tristement célèbre pour son manque de respect à l’égard des droits humains et ses liens étroits avec certains groupes radicaux du djihadisme armé. »

Un PS « sans ressort » et « sans idées »

Le monde des partis perd un homme apprécié dans sa circonscription des Français de l’étranger. Mais lui qui s’est souvent montré, dans ses discours, critique vis-à-vis des positions du PS juge son ex-parti « sans ressort » et « sans idées. » Les politiques, plus généralement, Pouria Amirshahi les trouve hors des réalités : « Même ceux qui vantent à raison la ‘France qui marche’ ont réduit leurs discours à de la pure com’. Et, pendant ce temps, la pauvreté augmente, le chômage grandit mais la souffrance au travail aussi, les discriminations progressent, les guerres d’identités nourries par l’extrême droite, et même parfois au nom d’une laïcité trompée, veulent l’emporter sur la République métissée. » dans une tribune dans le JDD.

Pierre Z. Lajarge

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