« Je ne pense pas qu’on puisse convaincre l’Irak avec des menaces, mais plutôt avec des arguments », a souligné M. Maas sur la radio publique Deutschlandfunk.

En Irak, « nous nous sommes beaucoup engagés, non seulement en termes militaires, mais aussi dans l’aide à la stabilisation, afin de reconstruire ce pays, de créer des infrastructures », souligne-t-il.

« Tout cela risque d’être perdu si la situation continue à évoluer de cette manière », redoute M. Maas, qui veut s’assurer que l’Irak ne devienne pas le « théâtre d’une guerre par procuration entre d’autres pays », les Etats-Unis et l’Iran.

M. Trump a menacé l’Irak de sanctions « très fortes » si les troupes américaines devaient quitter le pays, après le vote dimanche du Parlement irakien pour réclamer leur expulsion.

M. Maas confie avoir eu au téléphone son homologue américain, Mike Pompeo, « qui ne semblait pas très heureux que nous ne soyons pas d’accord à 100% au téléphone avec l’approche des Etats-Unis ».

« Je pense qu’il est important que les Européens soient unis sur cette question, ce n’est que dans ces conditions que l’Europe pourra jouer un rôle dans ce débat », explique M. Maas, plaidant pour une réunion « dans de brefs délais » des ministres européens des Affaires étrangères pour « adopter une position » commune.

M. Maas a en outre estimé que la décision de l’Iran de s’affranchir de toute limite sur l’enrichissement d’uranium risquait d’être « le premier pas » vers la fin de l’accord sur le nucléaire signé en 2015, « ce qui serait une grande perte ».

« Ce que l’Iran a annoncé n’est plus conforme à l’accord. C’est pourquoi nous allons nous réunir aujourd’hui avec la France et la Grande-Bretagne pour décider, ensemble, comment nous allons réagir cette semaine », fait valoir le ministre.

La décision iranienne ne restera « certainement pas sans réaction de notre part », a prévenu le ministre allemand.