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Est-il possible de retirer son prix Nobel de la paix à Aung San Suu Kyi ?

Des appels à retirer le prix Nobel de la paix d’Aung San Suu Kyi ont été lancés. Mais il semble impossible que ceux-ci aboutissent un jour.

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Depuis plusieurs mois, des prix Nobel de la paix appellent l’ONU à agir en Birmanie, où la minorité rohingya est persécutée. Il se déroule, dans ce pays, « une tragédie humaine qui s’apparente à un nettoyage ethnique et à des crimes contre l’humanité », écrivaient en décembre dernier une vingtaine de personnalités, dont onze prix Nobel de la paix comme Jose Ramos-Horta, Shirin Ebadi, Desmond Tutu ou encore Malala Yousafzai. Cette dernière a d’ailleurs de nouveau réagi ces derniers jours en condamnant les persécutions dont sont victimes les musulmans en Birmanie. « J’attends toujours que ma collègue lauréate du prix Nobel Aung San Suu Kyi (en 1991, ndlr) fasse de même. Le monde attend et les musulmans Rohingya attendent », a déclaré Malala. Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, des internautes se mobilisent pour que le prix Nobel d’Aung San Suu Kyi lui soit retiré.

Entre la Norvège et la Birmanie, une entente cordiale

Mais est-ce une éventualité plausible ? A première vue, non. A propos de cette question, Annika Pontikis, porte-parole de la Fondation Nobel à Stockholm, expliquait il y a quelques années à La Voix de la Russie que, « selon les statuts de la Fondation Nobel, il n’est pas possible de retirer un prix. Il y est écrit que l’attribution d’un prix Nobel ne peut pas faire l’objet d’un recours. » Et quand bien même… Si les prix Nobel sont attribués par l’Institution académique suédoise, le Nobel de la paix est, lui, choisi par un comité nommé par le parlement norvégien. On touche là à la politique… Or, entre la Norvège et la Birmanie, les relations sont très étroites. Au niveau économique notamment, puisque le géant des télécommunications Telenor ou encore Statoil, une entreprise pétrolière, ont investi plusieurs centaines de millions de dollars en Birmanie. Politiquement aussi : les gouvernements birman et norvégien sont très proches. La Norvège a soutenu l’ex-président birman, Thein Sein, dans sa transition démocratique et Aung San Suu Kyi, deux ans après sa libération, s’était rendue en Norvège où elle avait été ovationnée. Depuis, entre le prix Nobel de la paix et Oslo, c’est l’amour fou : Børge Brende, le ministre norvégien des Affaires étrangères, a même remis récemment à la Birmanie une sculpture de Bouddha qui avait été importée illégalement dans son pays. Autant dire que la Norvège ne critiquera jamais sa protégée. Seule solution désormais : qu’Aung San Suu Kyi remette elle-même son prix Nobel de la paix. Et là encore, cela semble totalement impossible car la « dame de fer » a refusé l’envoi d’émissaires onusiens dans son pays et a qualifié, fin août, les Rohingya de « terroristes. »

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