La labellisation de la viande est un sujet qui fait régulièrement polémique en Angleterre et qui divise entre les pro- et anti-étourdissement.

Les communautés musulmanes et juives en Ecosse se sont mobilisées face à la campagne lancée par des vétérinaires. Cette campagne vise à imposer l’étourdissement avant l’abattage afin d’éviter les souffrances animales. Le Conseil Musulman d’Ecosse et le Conseil des Communautés Juives d’Ecosse ont conjointement dénoncé la position de la British Veterinary Association (BVA – l’équivalent de la SPA française).

Lorsque juifs et musulmans s’entendent

La campagne, qui a débuté avec l’envoi de lettres aux leaders politiques écossais, a poussé le Conseil Musulman à réagir fermement, argumentant qu’une modification de la législation impacterait négativement les pratiques religieuses. Cette campagne s’inscrit dans une dynamique générale observée en Angleterre où la labellisation de la viande est sous le feu des projecteurs.

Selon le membre du Conseil Musulman, le Dr Salah Beltagui, « La viande que nous mangeons doit être tuée et préparée d’une certaine façon. Cela fait partie des impératifs de notre religion. » Il a ajouté : « l’abattage doit être fait avec un couteau bien aiguisé qui tranche rapidement toutes les veines de la gorge. Une fois que le sang est évacué du cerveau, l’animal ne ressent plus rien. Nous pensons que cette méthode d’abattage est plus humaine que celle avec étourdissement. L’abattage sans étourdissement préalable doit être maintenu pour des raisons religieuses. »

La porte-parole du Conseil des Communautés Juives d’Ecosse a ajouté que la méthode d’abattage shechita est plus humaine puisqu’elle cause une perte de connaissance immédiate. Elle a ajouté que les recherches menées par l’Autorité de sécurité alimentaire européenne ont indiqué que 31% du bétail n’était pas assommé correctement, causant des souffrances évitables. « La méthode casher veille à ce que cela ne se produise jamais. »

Toutefois, ces appels à un abattage rituel vont à l’encontre du point de vue du Conseil pour le bien-être des animaux de ferme qui pense que l’égorgement des bêtes entraîne une « souffrance et une détresse accrues ». Le Conseil pense également qu’il existe un laps de temps entre le moment où l’animal est égorgé et sa perte de connaissance. Ce temps est estimé à 10 secondes pour les ovins et entre 22 et 40 secondes pour les bovins.

La labellisation de la viande mettrait tout le monde d’accord

Les Conseils juif et musulman sont du même avis que la BVA : il faut labelliser la viande en fonction de la méthode d’abattage. Seule cette labellisation permettrait à chacune des parties de faire son choix en toute connaissance de cause.

Cette labellisation permettrait de différencier les viandes obtenues à partir de bêtes étourdies ou non. Pour rappel, 80% des viandes halal sont obtenues à partir de bêtes étourdies. A l’inverse, 100% des viandes casher sont obtenues à partir de viande conscientes.

D’après le Dr Beltagui : « nous accueillerions volontiers les appels pour une meilleure labellisation, correctement labellisée et contrôlée. Cela permettrait de fournir une information sur la manière dont l’animal a été abattu et donnerait ainsi le choix aux consommateurs. »

Robin Hargreaves, le président de la BVA, reste quant à lui opposé à l’abattage rituel : « Bien que notre position reste que tous les animaux doivent être étourdis avant l’abattage, si cela n’est pas possible, nous appelons à une labellisation claire de la viande afin de différencier les produits issus de bêtes étourdies ou non. »

Source : ici

Yassine Bannani

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