L’Irak a vu ses recettes pétrolières divisées par deux en mars en raison de la chute vertigineuse des cours du brut dans le sillage de la pandémie du nouveau coronavirus, aggravant la crise dans ce pays ravagé par les guerres.

Le ministère du Pétrole a annoncé mercredi avoir exporté en mars 105 millions de barils de pétrole, pour un montant de 2,99 milliards de dollars.

En février, le deuxième producteur de l’Opep n’avait vendu que 98 millions de barils mais en avait tiré des revenus bien plus conséquents: 5,5 milliards de dollars.

L’Irak, l’un des pays les plus riches en pétrole au monde, exporte 3,5 millions de barils par jour. Il a en outre un désavantage de taille: compte tenu du risque dans un territoire ravagé depuis 1980 par conflits, sanctions internationales et violences, le baril de pétrole s’échange systématiquement quatre dollars moins cher que le prix du marché.

Un malus qui ne fait qu’aggraver les conséquences de la chute des prix du pétrole sur les marchés mondiaux, qui ont atteint lundi un plus bas en 18 ans et enregistré le plongeon mensuel et trimestriel le plus important de l’histoire.

Ce défi économique s’annonce comme le plus dur pour l’Irak post-Saddam Hussein, selon les experts, dont les projections estiment jusqu’à deux tiers de pertes pour les recettes de l’Etat.

Les autorités irakiennes continuent toutefois de vouloir faire adopter un projet de budget 2020 table sur un baril à 56 dollars.

En ces temps difficiles, Bagdad doit composer avec l’Arabie saoudite, son principal concurrent notamment sur les juteux marchés indien et chinois, alors que Ryad s’est dit prêt à inonder le marché dans le cadre d’une guerre des prix avec la Russie faisant un peu plus dévisser les cours.