Le maire de Perpignan, au nom de la laïcité, vient de supprimer les menus de substitution pourtant consommés par un quart des élèves.

« La laïcité n’empêche pas les repas de substitution. Aller expliquer cet interdit par la laïcité, c’est instrumentaliser une notion contre les seuls musulmans de France », expliquait Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, qui intervenait sur le sujet il y a quelques jours. Ce message ne semble pas avoir été entendu par le maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol, qui a pris exemple sur Béziers en supprimant le halal dans les cantines.

Appartenant au parti Les Républicains, Jean-Marc Pujol s’est justifié en indiquant que « chacun sait que les menus de substitution avaient un caractère confessionnel. » Dès la rentrée prochaine, la mairie de Perpignan ne proposera donc plus de menus halal, mais végétariens. « Je propose un menu végétarien, pour lequel il n’y a pas de prescription religieuse halal ou casher », a indiqué le maire, qui assure qu’il n’y a eu « aucune contestation » suite à cette décision.

Une décisions au nom de la laïcité

Pourtant, la mairie va toucher une grande partie des élèves, puisque plus d’un quart des 4 700 repas servis lors de l’année écoulée dans les écoles de la ville étaient des repas de substitution. Pour en arriver à cette décision, le maire de Perpignan a invoqué « le principe de laïcité. » La version défendue par Nicolas Sarkozy de ce principe, évidemment, et non celle de Bernard Cazeneuve.

« Supprimer la possibilité d’avoir un menu non confessionnel, je trouve que c’est une façon, en réalité, d’interdire l’accès de la cantine à certains enfants », a rétorqué la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem. De son côté, les communistes jugent cette décision comme une « provocation scandaleuse. » Une provocation qui privera plus de 1 200 élèves d’un repas complet chaque jour…

Perpignan annonce la fin du menu de substitution dans ses écoles (ici)

Pierre Z. Lajarge

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