Des personnes migrantes, vivants sous des tentes dans le parc de Bercy, ont été victimes d’une attaque au sabre. Une enquête a été ouverte, pour tentative d’homicide volontaire après l’agression d’au moins deux migrants.

Ce mercredi 08 décembre tôt dans la matinée, un campement de Bercy, dans le 12e arrondissement de Paris, a été pris pour cible par un individu de 67 ans, muni d’un sabre. L’homme a délibérément lacéré plusieurs tentes occupées par des migrants. Des hommes d’origine africaine, se trouvant seuls ont été victimes de cet acte profondément raciste et xénophobe.

Deux personnes présentes sur les lieux ont été hospitalisées dans la journée, et l’agresseur interpellé. L’homme est « très défavorablement connu des services de police » explique une source policière et a déjà été mis en cause dans une autre affaire, pour tentative d’homicide. Pour l’adjoint de la maire de Paris en charge de l’accueil des réfugiés, Ian Brossat, « Il s’agirait d’une attaque raciste », ajoutant sur son compte twitter « Voilà où conduit la banalisation de la parole raciste ».

A l’approche de la présidentielle, une recrudescence des discours xénophobes et racistes est observée, instaurant un climat d’insécurité. Dans une tribune publiée par Libération, plusieurs collectifs d’aide aux personnes exilées réclamaient, une fois de plus, la mise à l’abri inconditionnelle de ces personnes vivant dans les rues parisiennes. En effet, il semble que de nos jours, le racisme est devenu une chose ordinaire. La montée en puissance de l’extrême droite sur la scène politique a renforcé ce sentiment de haine de l’autre, et la marginalisation des populations migrantes et réfugiées.

Un constat amer pour le pays des droits de l’Homme, qui plus le temps passe, régresse dans la défense et la promotion des droits et libertés inaliénables de tout un chacun, sans distinction de l’origine, de la race, du sexe ou encore de la religion.

Ce drame à Bercy reflète également les conditions de vie inhumaine des migrants, dans la capitale française. Des centaines de réfugiés dorment dans des tunnels aux abords de la ville, et dans les rues, dans des campements improvisés. Sans la générosité et la solidarité de nombreuses associations, la situation aurait été encore plus déplorable.

Pourtant, ces organisations non gouvernementales se retrouvent démunies face à l’ampleur et la complexité de la situation. Pour Fadila Benrabah, présidente de l’association À la croisée des rue « (…) Là ça urge, on arrive en hiver, il y a des gens qui sont en hypothermie. Il y a une personne qui a été hospitalisée trois jours, qui a eu une appendicite. Elle a eu trois jours d’hébergement puis s’est retrouvée ici sous le pont. Ça devient inhumain. On ne sait plus quoi faire. Quand des personnes partent en hébergement, il y en a d’autres qui arrivent aussitôt. On perd un peu nos moyens parce qu’il y a des bébés et ce n’est pas tenable ».

L’absence des politiques françaises sur des problématiques aussi importantes est « inhumain ». Le profond désintérêt à l’égard des migrants pourrait conduire à une catastrophe humanitaire en France, sous les yeux d’un État, qui continue à détourner le regard.