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Pape François : cinq ans marqués par la reprise du dialogue islamo-chrétien

Le pape François fête les cinq ans de son élection. A plusieurs reprises, il a affiché son soutien et sa sympathie envers les musulmans. Quitte à déplaire à la frange la plus traditionaliste de l’Eglise.

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Cinq ans après son élection à la tête de l’Eglise catholique, Jorge Mario Bergoglio est toujours aussi populaire auprès des fidèles. Il a su se montrer proche des catholiques et a apporté une attention particulière aux plus démunis et aux migrants. 

Il a également régulièrement exprimé des messages de paix concernant l’Islam. 

Dès son élection en 2013, dans une déclaration officielle du Vatican, le souverain pontife a adressé un message aux musulmans du monde entier à l’occasion de l’Aïd El-Fitr, « comme expression d’estime et d’amitié ». Une grande première depuis 1991 et le pape Jean-Paul II. 

Un an plus tard, en décembre 2014, lors d’une visite de trois jours en Turquie, le souverain pontife déclarait même :  « Le Coran est un livre de paix, c’est un livre prophétique de paix ». 

Il invitait cependant à cette occasion à ce « que tous les dirigeants musulmans du monde, politiques, religieux et universitaires, se prononcent clairement et condamnent cette violence qui nuit à l’Islam », faisant référence au terrorisme. 

Mais le pape François a refusé les amalgames entre islam et violence, quitte à déplaire parfois à une partie de son auditoire. Deux ans plus tard, juste après l’attentat dans l’église Saint-Etienne-du-Rouvray fin juillet 2016, il appelait d’ailleurs à ne pas tomber dans ce piège : « Je n’aime pas parler de violence islamique (…). Si je parlais de violence islamique, je devrais également parler de violence catholique. Tous les musulmans ne sont pas violents ; tous les catholiques ne sont pas violents. (…) Dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe fondamentaliste », prononçait-il dans un discours à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ).

Un rapprochement entre Al-Azhar et le Saint-Siège amorcé par le pape François

Quelques mois plus tôt, le 23 mai 2016, il rencontrait également l’imam Ahmed Al-Tayeb, lors d’un séjour au Vatican. Une visite historique, après plusieurs années de tensions entre Al-Azhar au Caire et le Saint-Siège à Rome. 

En effet, les relations s’étaient interrompues en 2011, suite à une prise de position de Benoît XVI. Celui-ci avait condamné un attentat en 2010 devant une église copte orthodoxe à Alexandrie et avait demandé aux responsables musulmans de s’engager plus concrètement pour protéger les chrétiens. Des propos perçus comme une ingérence par l’imam d’Al-Azhar. 

La rencontre avec le pape François a donc permis d’apaiser ces tensions. Ahmed Al-Tayeb a même assuré à Radio Vatican suite à leur entretien, que le pape était « un homme de paix, un homme qui suit l’enseignement du christianisme, qui est une religion d’amour et de paix » et « un homme qui respecte les autres religions ». 

Une reprise du dialogue islamo-chrétien qui s’est notamment poursuivie et manifestée lors de la visite au Vatican du Conseil français du culte musulman (CFCM) en novembre 2016. 

Faisant preuve d’ouverture sur le monde et d’engagement, le pape argentin s’est aussi positionné sur plusieurs sujets d’actualité. Ainsi, lors d’une interview à La Croix, celui-ci s’est exprimé sur la laïcité à la française, bien souvent focalisée sur le voile. 

« Si une femme musulmane veut porter le voile, elle doit pouvoir le faire »

« La petite critique que j’adresserais à la France à cet égard est d’exagérer la laïcité. La France devrait faire un pas en avant à ce sujet pour accepter que l’ouverture à la transcendance soit un droit pour tous. Si une femme musulmane veut porter le voile, elle doit pouvoir le faire », a t-il estimé. 

Concernant les réfugiés, le pape François a très tôt condamné « la mondialisation de l’indifférence » ainsi que le repli identitaire de l’Europe revendiquant des « racines chrétiennes ». Lors de sa visite sur l’île grecque de Lesbos en 2016,  il a d’ailleurs exprimé de façon concrète sa solidarité envers les migrants, en décidant d’accueillir à Rome plusieurs familles de réfugiés syriens… et de confession musulmane.

Enfin y a quelques mois, le chef de l’Eglise catholique a aussi appelé à la défense et au respect de la minorité musulmane rohingya : « De tristes nouvelles sont arrivées sur la persécution de la minorité religieuse de nos frères Rohingya (…) Nous tous demandons au Seigneur de les sauver et d’inspirer des hommes et des femmes de bonne volonté pour qu’on les aide à ce que tous leurs droits soient respectés », a t-il déploré devant des milliers de fidèles réunis sur la place Saint-Pierre en août dernier.

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