Jouer à Pokemon Go pose souci en Palestine, où les habitants, s'ils brandissent un smartphone, risquent d'être visés par un tir.

En Palestine, jouer à Pokémon GO peut être très risqué : les soldats israéliens peuvent tirer sur les Palestiniens qui brandiraient leur smartphone. Le jeu a pris des allures géopolitiques.

Le phénomène affole les médias du monde entier. Le jeu de réalité augmentée Pokémon GO a même atteint Israël où il est devenu, explique Courrier International, un nouveau catalyseur dans le conflit israélo-palestinien. Le jeu, indique le magazine américain Newsweek, est « utilisé comme un outil de revendications ». En effet, alors que de nombreux soldats se sont laissés prendre au jeu, les dirigeants de l’armée estiment que Pokémon GO pourrait servir à révéler des « informations sensibles » lors des opérations militaires. Un jeu qui est « une source pour rassembler du renseignement », selon le département de la sécurité et de l’information, qui rappelle que Pokémon GO oblige les joueurs à se géolocaliser et à utiliser les caméras de leur appareil.

Chasse au Pokémon vs. chasse au Palestinien

D’un côté, on craint donc que Pokémon Go soit un vecteur d’espionnage. De l’autre, il devient une revendication. Car les Palestiniens craignent que le fait de jouer à Pokémon Go ne les mène tout droit à la morgue : les uns se demandent comment capturer les Pokémon localisés chez les colons. Les autres préviennent qu’ils risquent de se faire tirer dessus s’ils brandissent un smartphone. Le journal en ligne Al-Bawaba cite un Palestinien qui demande : « Comment peut-on convaincre les soldats israéliens stationnés en Cisjordanie qu’on cherche des Pokémons ? Et surtout, lorsque l’on tient un téléphone entre ses mains ? » Désabusé, il explique : « Dans le meilleur des cas, ils vont croire qu’on les prend en photo ; dans le pire des cas, les soldats tirent sur toute personne qu’ils soupçonnent. »

Yassine Bannani

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