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Comment Israël fait pression sur l’Autorité palestinienne grâce aux taxes

L’Autorité palestinienne a reçu jeudi plus de 500 millions d’euros en transfert de taxes dues par Israël, une bouffée d’oxygène pour une économie minée par le chômage et qui a souffert ces derniers mois de mesures d’austérité liées à ce différend avec l’Etat hébreu.

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L’Autorité palestinienne avait perdu une grande partie de ses revenus après la décision d’Israël de suspendre en février le paiement d’une partie de la TVA et de droits de douane prélevés pour les Palestiniens.

Israël entendait ainsi faire pression sur l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas afin qu’elle stoppe les versements d’allocations aux familles de Palestiniens en prison ou tués car accusés d’avoir commis des attaques anti-israéliennes.

En réponse, le président palestinien avait décidé de n’accepter aucun versement israélien tant qu’il serait incomplet, privant ainsi sa propre administration de centaines de millions de dollars.

Or, « un accord a été conclu avec la partie israélienne il y a quelques jours pour transférer l’argent des taxes sur le pétrole et les carburants (…) pour un montant de deux milliards de shekels », soit environ 513 millions d’euros, a annoncé jeudi à l’AFP Hussein al-Cheikh, le ministre palestinien des Affaires civiles.

Cette décision a été annoncée en pleine campagne électorale, les Israéliens étant appelés aux urnes le 17 septembre, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu espérant briguer un autre mandat.

Selon la Banque mondiale, l’ensemble des taxes et droits de douanes perçus par Israël pour le compte de l’Autorité palestinienne représente 65% des revenus de cette administration.

Le différend entre Palestiniens et Israéliens sur les transferts a ainsi plongé l’Autorité palestinienne dans une grave crise budgétaire.

Présumée au bord de la cessation de paiement, elle a réduit de moitié les salaires de la plupart de ses dizaines de milliers d’employés ces derniers mois.

Et le président palestinien avait licencié plus tôt cette semaine l’ensemble de ses conseillers, une décision liée selon des responsables palestiniens à cette crise budgétaire.

30% de chômage

« Récupérer cet argent résoudra une partie de la crise financière causée par le gel des versements des fonds palestiniens par le gouvernement israélien », a déclaré M. al-Cheikh, notant qu’une partie seulement des paiements dus par Israël aux Palestiniens avait été recouvrée.

Il a précisé que le problème politique n’avait pas été résolu, l’Autorité palestinienne martelant qu’elle continuera à verser les allocations aux familles de prisonniers et de « martyrs » palestiniens jusqu’au « dernier centime ».

D’après le ministre des Affaires civiles, des représentants du ministère de la Défense israéliens étaient d’ailleurs présents lors des négociations sur les transferts de taxe.

D’une manière générale, Israël perçoit la stabilité de la Cisjordanie, territoire palestinien qu’elle occupe depuis 1967, comme essentielle à sa propre sécurité.

Mais des observateurs s’inquiètent de voir de jeunes Palestiniens sans emploi se radicaliser dans un contexte économique morose et sans perspective de paix à court ou moyen terme.

Avec une croissance de son produit intérieur brut à peine positive en 2018 et un taux de chômage avoisinant les 30%, avec une pointe de 50% dans la bande de Gaza, selon la Banque mondiale, l’économie palestinienne était déjà en grande difficulté.

Et les tensions avec Israël et Washington ont aggravé les choses: l’an dernier, le gouvernement américain a coupé plus 500 millions de dollars d’aides diverses après le gel par M. Abbas des relations avec Washington pour protester contre la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Evoquant la crise des transferts de taxes et les coupes de l’aide américaine, la Banque mondiale avait qualifié en avril « d’intenable » la situation économique dans les Territoires palestiniens.

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