La liste noire des entreprises œuvrant en territoires occupés palestiniens de l’ONU fait grand bruit depuis que l’organisation internationale a annoncé sa publication. On le sait déjà, Coca-Cola, TripAdvisor, Airbnb, Priceline ou encore Caterpillar devraient être présents sur cette base de données réalisée par le Conseil des droits de l’Homme. Des sociétés qui ont, « directement ou indirectement, permis la construction et la croissance des colonies de peuplement, les ont facilitées et en ont profité. »

Si certains voient dans cette opération de la délation et un risque de boycott, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU espère surtout faire de la pédagogie en conseillant ces sociétés et en les obligeant à rendre des comptes pour leurs activités qui favoriseraient les violations du droit international.

En mars 2017, l’organisation internationale a adopté une résolution qui demande aux différents Etats membres de « ne fournir à Israël aucune assistance qui serait utilisée spécifiquement pour les colonies de peuplement dans ces territoires, notamment en réglementant les relations commerciales avec les colonies de peuplement, conformément aux obligations de diligence qui leur incombent en vertu du droit international. »

En attendant la publication de cette liste, l’organisation Who Profits publie de son côté la liste de plusieurs entreprises françaises qui auraient des activités dans les colonies israéliennes. Parmi elles, Alstom, qui détient 80 % de l’entreprise qui a mené le projet de construction du tramway qui relie Jérusalem-Ouest à plusieurs colonies de Jérusalem-Est. Systra est également dans le collimateur de l’ONG. Une entreprise qui elle aussi travaille sur les projets de tramway dans les colonies. Enfin, Manitou, une entreprise d’engins et d’outils de construction industrielle, aurait fourni des grues à Israël, qui auraient servi à construire le mur de séparation avec la Cisjordanie.

Un phénomène qui n’est pas nouveau, selon Amnesty International, qui indique que, « depuis des années, le gouvernement israélien favorise l’installation de colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés. » Comment ? En accordant « des subventions importantes, ainsi que des incitations financières et fiscales. »

L’ONG ajoute : « Selon le droit international humanitaire, Israël a des responsabilités, en tant que puissance occupante. Le transfert de sa propre population dans les territoires occupés est donc illégal, tout comme l’utilisation des ressources naturelles de ces territoires qui peut être caractérisé de pillage, et donc de crimes de guerre. »