« Nous nous considérons libérés de ces engagements. » A trois jours d’une réunion importante du Conseil central palestinien de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Ramallah, Mahmoud Abbas menace les Etats-Unis et Israël des accords conclu par le passé, comme les accords d’Oslo. Ce n’est pas la première fois que l’OLP menace de dénoncer les accords avec Israël. Mais la situation, très tendue au Proche-Orient ces derniers mois, pourrait pousser le chef de l’Organisation de libération de la Palestine à enfin franchir le pas.

En cause notamment, le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem. « Nous allons discuter de toutes les questions à l’ordre du jour, notamment les récentes décisions prises par les Etats-Unis contre le peuple palestinien, telles que le déménagement de l’ambassade ou encore la fermeture des bureaux de l’OLP à Washington, a expliqué Mahmoud Abbas lors d’une interview télévisée. Il y a aussi des accords signés entre Israël et nous, et Israël a violé tous ces accords. »

Abbas semble bien décidé à discuter sérieusement de cette question. « Nous allons mettre tous les accords entre nous et les Israéliens sur la table et nous allons leur demander de cesser de les violer », a-t-il martelé. Le leader de l’OLP n’a notamment pas digéré la proposition de médiation de Donald Trump, qui a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en y installant son ambassade.

Mahmoud Abbas sait cependant qu’une telle décision de rompre des accords historiques ferait monter la tension d’un cran supplémentaire. « C’est une affaire dangereuse. Peut-être allons-nous arriver au point où nous devrons renoncer à beaucoup de choses qui existent entre nous et les Israéliens », menace le Palestinien qui risque également sa place de chef de l’OLP. « De telles décisions peuvent avoir des implications dangereuses, mais il est impossible de continuer dans la situation actuelle », explique Abbas.