Les Etats-Unis ont infligé jeudi des sanctions à l’encontre de plusieurs dirigeants chinois, accusés d’être en « lien avec de graves atteintes aux droits humains » à l’encontre notamment de la minorité ouïghoure, ont annoncé le Trésor et le département d’Etat dans deux communiqués distincts.

Les visas d’entrée aux Etats-Unis seront refusés à trois responsables et leurs familles, selon un communiqué du secrétaire d’Etat Mike Pompeo, pour des « abus horribles et systématiques » à l’encontre des Ouïghours, mais aussi d’autres minorités. Parmi les personnes visées par ces mesures, Chen Quanguo, le secrétaire du Parti communiste pour la région du Xinjiang, qui est considéré comme l’architecte de la politique dure de Pékin sur les minorités.

Un peu plus tôt cet été, les douanes américaines avaient annoncé avoir intercepté une cargaison de produits à base de cheveux humains, suspectés d’avoir été conditionnés dans des camps de travail de la région chinoise du Xinjiang. Les USA avaient par ailleurs appelé la Chine à « cesser immédiatement » de stériliser de force les musulmans ouïghours « dans le cadre de leur campagne de répression », après la publication d’un étude accusant Pékin de mener une telle politique radicale de contrôle des naissances.

Le 22 juin, des sanctions similaires devaient être instaurées. Mais le président américain Donald Trump avait alors déclaré avoir suspendu ces sanctions contre des responsables chinois en lien avec la répression des musulmans ouïghours du Xinjiang afin, affirmait-il, de préserver les négociations commerciales avec Pékin.

« Quand vous êtes au milieu d’une négociation et que vous commencez tout d’un coup à imposer des sanctions supplémentaires… Nous avons fait beaucoup de choses. J’ai imposé des droits de douane à la Chine, qui sont bien pires que toutes les sanctions auxquelles vous pouvez penser », avait déclaré, lors d’une interview à l’époque, Donald Trump.