Il y a quelques jours, l’Europe commémorait le triste 25e anniversaire de Srebrenica. A l’époque, les juridictions internationales, à l’instar de la Cour pénale internationale, avaient pris en mains le problème. Un tribunal avait notamment été chargé de juger les dirigeants des Serbes de Bosnie Ratko Mladic et Radovan Karadzic, tous deux accusés du meurtre de 8 000 musulmans. Face à l’inertie internationale, les tribunaux internationaux ont une véritable utilité. Mais ceux-ci sont menacés de disparition. Et leur travail prend longtemps, parfois beaucoup trop.

C’est le cas pour la Birmanie ou la Chine. Les institutions internationales doivent commencer un travail pour rendre justice aux victimes de crimes, parfois qualifiés par la communauté internationale de génocides. C’est le cas pour la répression de la minorité rohingya en Birmanie. La junte militaire est accusée d’épuration ethnique, les Rohingyas vivent dans des situations précaires aujourd’hui après des actes atroces. En Chine, les Ouïghours ont été placés dans des camps de travail. Un fait confirmé par Pékin, même si la Chine se défend de persécuter ses musulmans.

Mais alors que fait La Haye ? La Cour pénale internationale rencontre actuellement des difficultés considérables, notamment depuis qu’elle est dans la ligne de mire de Donald Trump, qui n’a pas apprécié l’enquête sur des crimes commis en Afghanistan. Surtout, depuis une dizaine d’années, la CPI manque de force : alors qu’elle avait demandé au président soudanais Omar el-Bechir de se rendre, celui-ci a dû être chassé par son armée pour ne plus diriger son pays. Des poursuites contre le président kényan Uhuru Kenyatta ont également échoué.

La Palestine est enfin en discussions avec la Cour pénale internationale. Certes, le dossier n’en est qu’à ses prémices. Et le gouvernement israélien actuel fait tout pour empêcher la CPI d’ouvrir une enquête pour « crimes de guerre ». Mais on imagine mal le tribunal international traduire les autorités israéliennes pour leurs crimes commis contre des Palestiniens. En attendant, la CPI pourrait accélérer ses enquêtes sur les Rohingyas et les Ouïghours. Pour enfin montrer son efficacité retrouvée au monde entier et éviter que ce genre de drame se reproduise à l’avenir.