D’après des organisations de défense des droits de l’Homme, plus d’un million de musulmans sont détenus au Xinjiang (nord-ouest de la Chine) dans des camps de rééducation politique.

Pékin récuse ce chiffre et évoque des « centres de formation professionnelle » destinés à lutter contre la radicalisation islamiste, en réaction à une série d’attentats sanglants attribués ces dernières années à des militants de l’ethnie ouïghoure, majoritaire au Xinjiang.

« Les affaires du Xinjiang relèvent entièrement des affaires intérieures de la Chine », a rétorqué le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, interrogé sur des propos tenus la veille par la chancelière allemande Angela Merkel et le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

« Nous nous opposons résolument aux ingérences dans les affaires intérieures de la Chine à propos du Xinjiang par qui que ce soit ou quelque puissance que ce soit », a-t-il ajouté devant la presse.

Devant des parlementaires allemands, Mme Merkel a souligné mercredi l’importance de critiquer les violations des droits de l’homme et a félicité les électeurs hongkongais de s’être exprimés lors du scrutin local de dimanche, qui a donné la victoire à l’opposition hostile à l’influence de Pékin.

M. Le Drian a appelé de son côté Pékin à fermer « les camps d’internement » au Xinjiang et à autoriser une visite de l’ONU sur place.

« Nous suivons avec une grande attention l’ensemble des témoignages et documents relayés par la presse » concernant le « système répressif mis en place dans cette région », a ajouté le ministre, évoquant les fuites de documents officiels publiées dimanche par un consortium de 17 médias du monde entier.

A propos de Hong Kong, M. Le Drian a fait observer que le résultat des élections avait « marqué un revers à l’égard des autorités de Pékin ».

« Le discours qui est tenu aujourd’hui par Pékin sur la rupture entre l’opinion et les manifestants n’était pas juste », a-t-il ajouté devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

A ce propos, le porte-parole chinois a martelé qu’aucun « gouvernement étranger, organisation ou individu n’a le droit de s’ingérer » dans les affaires de Hong Kong.