De la documentation officielle chinoise montre de quelle façon Pékin a tenté de détruire les structures sociales ouïghoures. La Chine pourrait, après ces révélations, être accusée de crimes contre l’humanité.

Les médias britannique et français BBC et L’Obs révèlent comment la Chine s’est occupée de démanteler la minorité ouïghoure. Se basant sur des documents officiels chinois, le chercheur allemand Adrian Zenz montre comment se passent les déplacements forcés, l’internement et les pressions sur les Ouïghours.

Le chercheur allemand est d’ailleurs à l’origine de la médiatisation de la campagne anti-Ouïghours et de la révélation des camps de rééducation. Pour ce faire, l’Allemand s’était appuyé sur une documentation officielle : appels de marchés publics, budgets municipaux, annonces d’embauche, etc. Mais le chercheur est allé plus loin : il a révélé les méthodes chinoises pour détecter les Ouïghours qui ne correspondaient pas aux critères chinois et la façon dont ceux-ci ont été enfermés.

Dans un nouveau rapport publié ce mardi 2 mars, il raconte le travail forcé des jeunes ruraux ouïghours.

Neuf Ouïghours sur dix vivent dans la campagne et n’ont pas d’emploi fixe. Le gouvernement chinois a décidé de cibler cette population, qu’il a décidé de façonner à son image. Ces jeunes, dit le chercheur allemand, ne sont ni libres ni volontaires. Et alors que Pékin dit vouloir simplement endiguer la pauvreté, l’Allemand assure qu’il s’agit d’un programme idéologique dont l’objectif est « de casser les structures familiales et villageoises sur lesquelles se fonde la cohésion » ouïghoure.

L’éducation de la jeunesse ouïghoure passe par une « prolétarisation » : les jeunes Ouïghours sont forcés de se rendre dans des zones industrielles. Pire, le gouvernement travaille à « modifier la façon de penser » de ces jeunes qu’il juge « arriérés » et « étroits d’esprit ». Trop attirés par la religion aussi. Pour les sortir de l’islam, la Chine vise sur un apprentissage de la modernité et sur le travail et l’argent.

Le gouvernement compte aussi les déraciner. Il s’agit d’effacer l’identité ouïghoure et d’assimiler les jeunes à la majorité han, une autre communauté musulmane, mieux vue par les autorités chinoises. Et en cas de refus, ces jeunes sont accusés de radicalisation et incarcérés de force dans des centre de rééducation.

Selon les experts en droit pénal international, cela correspond à du travail forcé. Tous les éléments réunis par l’Allemand montrent que, selon les critères du statut de Rome de la Cour pénale internationale, la Chine est en train de perpétrer des crimes contre l’humanité.