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Organisation de l’Islam en France : pourquoi ça part dans tous les sens

Le président Macron veut réorganiser le culte musulman. Mais entre le CFCM, l’institut Montaigne et la Fondation de l’Islam de France, cela semble bien mal parti.

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C’est un peu le marronnier politique : depuis Charles Pasqua en 1994 jusqu’à Jean-Pierre Chevènement en 2016, l’Etat a toujours tenté d’organiser, à sa façon, le culte musulman, avec cette volonté de créer un « Islam de France ». Avec un même constat d’échec établi lors de chaque bilan présidentiel. Emmanuel Macron a la farouche volonté de réussir ce chantier, il a donc lancé plusieurs nouvelles pistes. Va-t-on forcément vers une nouvelle déconvenue ?

Plusieurs problèmes semblent d’ores et déjà freiner la volonté du président français. Le premier, qui touche chaque nouveau gouvernement et chaque nouveau président, c’est l’héritage des précédents quinquennats : Nicolas Sarkozy a mis en place le Conseil français du culte musulman et ses successeurs ont dû traîner cette institution comme un boulet. D’un côté, plusieurs pays ont une influence au sein du CFCM, du Maroc à l’Algérie, en passant par la Turquie. De l’autre, le peu de moyens dont dispose le Conseil est un vrai frein à son développement. Les musulmans français ne se reconnaissent pas dans le CFCM. Ce dernier aimerait jouer un rôle dans la réorganisation du culte musulman. Sauf que, comme l’indique son président Ahmet Ogras, « aucun membre du CFCM n’a été consulté » sur la question. Une mise sur la touche qui passe mal.

Si le CFCM a du mal à exister politiquement, la Fondation de l’Islam de France a, quant à elle, un peu plus de poids. Dotée d’un budget conséquent, l’organisation de Jean-Pierre Chevènement déçoit cependant par le peu d’actions engagées. Ses prérogatives, exclusivement culturelles, ne devraient pas influer sur le débat de l’organisation du culte musulman. D’autant que les Français musulmans n’y voient qu’une coquille vide dirigée par un président bien loin de pouvoir révolutionner la gestion du culte.

Devant l’immobilisme de ces deux institutions, certaines voix essaient d’occuper le terrain. Comme celle de Hakim El Karoui, de l’influent institut Montaigne. Celui qui rêve de devenir le Monsieur Islam de France a fait plusieurs propositions, souvent saugrenues, à Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle. Parmi celles-ci, à l’époque, la nomination d’un secrétaire d’Etat aux Affaires religieuses, la création d’une énième structure nationale qui centraliserait l’argent du halal et du Hajj ou encore une école pour imams.

Pour se faire une place, Hakim El Karoui s’appuie sur une étude qu’il a lui-même diligentée et qui démonte le CFCM, l’UOIF, l’Islam des consulats et les différentes fédérations. Problème : sur le terrain, la réalité semble échapper à l’homme d’affaires. Les musulmans ne se reconnaissent pas dans les institutions dépendantes de l’Etat, pas plus qu’ils ne se reconnaissent dans Hakim El Karoui. Logique, donc, que la consultation lancée par Marwan Muhammad ait trouvé un si large écho auprès de la population. Dès hier, plus de trois-mille personnes se sont dépêchées de répondre aux questions posées sur le site de cette initiative. En cas de succès, celle-ci pourrait bien imposer une nouvelle vision de l’organisation du culte, bien loin des théoriciens autoproclamés de l’« Islam de France ».

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