Le 11 février dernier, un groupe d’experts de l’ONU basé à Genève, a pointé du doigt les nombreuses erreurs de la Belgique pendant la colonisation, évoquant une « période sombre » de l’histoire du pays.

Ce groupe d’experts à parcouru les grandes villes de la Belgique (Bruxelles, Anvers, Charleroi, Liège…) afin d’y rencontrer des ONG et des représentants des autorités. Un séjour qui a permis d’établir un rapport sur le racisme, l’afrophobie et autres discriminations dont sont victimes les personnes d’ascendance africaine en Belgique.

« Il semble qu’il y ait un mur du silence sur la colonisation. Afin qu’il y ait une vraie réconciliation et que le processus de décolonisation se poursuive, des excuses de l’Etat belge seraient un premier pas », a fait savoir le groupe.

« Les Belges doivent enfin affronter et reconnaître le rôle joué par le roi Léopold II et la Belgique dans la colonisation et son impact à long terme », ajoutent ces membres des Nations unies.

Pour l’ONU, le travail de mémoire sur le passé colonial de la Belgique et les violences commises n’a donc pas été réalisé, ou s’avère insuffisant.

Les rapporteurs de l’étude critiquent notamment les programmes scolaires qui « ne reflètent pas de manière adéquate l’histoire de la colonisation ».

Ainsi, 74 points importants sont mentionnés à l’encontre de la Belgique. Un rapport qui fait polémique dans la sphère politique depuis une dizaine de jours.

Charles Michel, le Premier ministre centriste, parle d’un « rapport étrange » et attend la version définitive du rapport qui devrait paraître en septembre 2019. Le Palais royal n’a quant à lui pas encore fait de commentaires.

La Belgique avait voulu s’emparer du sujet de la décolonisation, en rénovant notamment son Musée royal d’Afrique centrale. En décembre, le musée avait réouvert et a été renommé « Africa Museum », disant apporter une vision « contemporaine et décolonisée de l’Afrique ».

Mais le rapport des Nations unies estime que ce musée comporte toujours des représentations racistes et offensantes. Il demande à ce celui-ci apporte « des explications détaillées et un contexte permettant d’informer et d’éduquer les visiteurs sur l’histoire coloniale de la Belgique et son exploitation de l’Afrique ».

Ainsi, Dominique Ray, une des expertes de l’ONU appelle à un vrai « Wake up call » (un réveil) en Belgique sur ces questions.