Après avoir rappelé la définition de la laïcité, l'Observatoire de la laïcité a été la cible d'insultes de la part de nombreux élus.

L’Observatoire de la laïcité est attaqué par des sénateurs et élus politiques, qui lui reprochent d’avoir rappelé à l’ordre Elisabeth Badinter, alors que cette dernière donnait des définition erronées de la laïcité.

Tout est parti d’une interview d’Elisabeth Badinter sur France Inter. La philosophe intervenait un an après les premiers attentats pour affirmer : « C’est affreux à dire, les évènements de novembre ont donné au peuple français une espèce de retour à l’importance de la laïcité. » Elisabeth Badinter continuait : « Je pense que c’est une valeur qu’on nous envie beaucoup dans d’autres pays qui ne l’ont pas, notamment en Angleterre. » L’interview aurait pu en rester là si l’intellectuelle n’avait pas dérapé.

En effet, la féministe a tout à coup expliqué : « Il faut s’accrocher et il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe, qui a été pendant pas mal d’années le stop absolu, l’interdiction de parler et presque la suspicion sur la laïcité. » Pour elle, « à partir du moment où les gens auront compris que c’est une arme contre la laïcité, peut-être qu’ils pourront laisser leur peur de côté pour dire les choses. » Autrement dit, la peur d’être taxée d’islamophobie serait, selon l’intellectuelle, une frein à la laïcité. Badinter avait également sorti quelques définitions erronées de la laïcité.

 


Nicolas Cadène, rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité auprès du Premier Ministre, lui avait alors répondu – de façon rigoureuse et claire – en rappelant à Elisabeth Badinter les définitions de la laïcité. Le début d’une polémique qui a enflé jour après jour. En effet, Nicolas Cadène a reproché à la philosophe, dont les interventions sont souvent prises pour parole d’évangiles, d’avoir sapé le travail de l’Observatoire de la laïcité.

Depuis, Nicolas Cadène ne décolère pas. « Elisabeth Badinter a le droit d’avoir les opinions qu’elle souhaite. Mais elle a tenu dans cette interview des propos qui ne sont pas conformes au droit, en disant par exemple que la laïcité, c’est la neutralité dans l’espace public, ce qui n’est pas exact puisque cette neutralité ne s’impose qu’aux agents de l’Etat », a-t-il rappelé. Jean Glavany, Françoise Laborde et Patrick Kessel se sont empressés de tancer le rapporteur de l’instance ministérielle, en conflit avec elle depuis plusieurs mois déjà. S’ils reprochent à Nicolas Cadène d’avoir répondu à une intellectuelle comme Elisabeth Badinter, ils oublient que ce rappel à la loi était nécessaire. Car les débats sur la laïcité se multiplient, sans que ne soit édicté le cadre légal de cette même laïcité.

Yassine Bannani

Laisser un commentaire