Les autorités fidèles au régime chinois ont lancé un coup de filet sur le média en ligne hongkongais, Stand News. Après une série de perquisitions et d’arrestations pour « publication séditieuse », le site d’information pro-démocratie a été fermé mercredi 29 décembre.

C’est un nouveau coup dur pour les militants et activistes pour la démocratie à Hong Kong. La Chine poursuit le musèlement de toutes les voix dissonantes, et la mise au pas de l’ancienne colonie britannique. Le dernier épisode de cette politique répressive remonte à mercredi 29 décembre, une opération de police menée contre le site d’information pro-démocratie Stand News.

Le chef de la police de sécurité nationale de Hong Kong, Steve Li, a déclaré que le média est accusé d’avoir publié des articles « séditieux » entre juillet 2020 et novembre 2021. « Ils ont décrit des manifestants à Hong Kong comme ‘portés disparus’ ou ‘violés’… Ce sont des allégations malfaisantes sans aucune base factuelle » insiste-t-il.

Au cours des perquisitions, sept individus ont été interpellés par la police, parmi lesquels la chanteuse montréalaise d’origine hongkongaise Denise Ho, célèbre pour son activisme pro-démocratie et LGBT. Le rédacteur en chef de la publication, un ex-rédacteur en chef ainsi que d’autres personnalités travaillant pour le média ont été arrêtées.

Dans un communiqué, Stand News a annoncé « A cause de la situation actuelle, Stand News va cesser son activité immédiatement et arrêtera d’actualiser son site (internet) et tous ses réseaux sociaux ». Tout le personnel a été licencié et le site ainsi mis hors ligne.

Plusieurs voix se sont élevées dans le monde pour dénoncer la politique de Pékin. Le secrétait d’État américain Antony Blinken a réagi, affirmant que « Le journalisme n’est pas de la sédition. En réduisant au silence des médias indépendants, la Chine et les autorités locales sapent la crédibilité et la viabilité de Hong Kong. Des autorités qui ont confiance en elles-mêmes et n’ont pas peur de la vérité accueillent favorablement la presse livre. Nous appelons la Chine et les autorités hongkongaises à (…) relâcher les journalistes et responsables de médias qui ont été injustement détenus et inculpés ».

Amnesty International, et bien d’autres organisations non gouvernementales internationales ont accueilli la nouvelle avec beaucoup de tristesse et de colère, condamnant la décision du régime chinois. Pour Reporters sans frontières « Stand News était indépendant au plan éditorial et se consacrait à protéger les valeurs fondamentales de Hong Kong comme la démocratie, les droits humains, la liberté, l’État de droit et la justice ».

Ce jeudi 30 décembre, la police de sécurité nationale a indiqué qu’elle avait « officiellement inculpé deux hommes âgés de 34 et 52 ans, et une société de média en ligne, pour conspiration en vue de réaliser une publication séditieuse ». Les cinq autres personnes interpellées restent détenues « aux fins d’investigations supplémentaires ».

La situation à Hong Kong continue à inquiéter la communauté internationale, qui malgré les sanctions émises contre Pékin, est en réalité impuissante. La Chine quant à elle poursuit la répression des oppositions sur son territoire. Toute personne ou activité, portant de près ou de loin, préjudice au régime est réprimée. Ouïghours, Hongkongais et Tibétains sont les visages de cette répression du régime autoritaire chinois.