Comme la presse s’en est fait récemment l’écho, Tariq Ramadan a débarqué son avocat, Emmanuel Marsigny, pour le remplacer par le tandem Nabila Asmane-Ouadie Elhamamouchi.

Concrètement, Ramadan a donc remplacé l’un des meilleurs pénalistes français par deux avocats bien moins réputés relativement à la défense des accusés de crimes de droit commun.

Ce changement de défenseurs appelle plusieurs observations.

En premier lieu, Marsigny a été l’avocat d’un Ramadan en situation de grande faiblesse : emprisonné, malade, discrédité sur le plan moral… Marsigny a fait le job, mais il est trop associé à l’image de Ramadan comme criminel.

S’en séparer c’est aussi achever cette séquence terrible, pour se reconstruire une image.

Une nouvelle image, mais aussi une nouvelle stratégie. En effet, Ramadan n’a pas choisi des ténors du barreau. Il a choisi des avocats musulmans spécialisés sur les questions de discrimination et d’islamophobie.

Si, dans un premier temps, la stratégie était de sortir de détention coûte que coûte, la séquence qui démarre sera avant tout politique et centrée sur l’idée que Ramadan est victime d’une sorte de complot lié à la menace proprement politique, qu’il représentait.

Il n’est d’ailleurs pas du tout certain, que Ramadan conserve ce duo quand viendra le temps du procès lui-même. Peut-être un ténor du barreau sera alors mandaté, Éric Dupont-Moretti pourrait-il être ce choix ?