Une nouvelle loi pour réglementer la pratique de l'islam en Autriche voit le jour. Elle n'a pas été appréciée par la communauté musulmane.

Depuis quelques jours, et après trois ans de débat, le parlement autrichien a adopté une nouvelle loi sur l’islam. Ce texte juridique vient fixer les droits et les devoirs de la communauté musulmane en Autriche, qui s’élève à 560 000 personnes, dont un tiers sont de nationalité autrichienne. Le pays essaie d’améliorer le cadre juridique pour réglementer les pratiques religieuses dans le sillage de l’Allemagne, qui a rejeté la loi interdisant le niqab et de la Pologne, qui a levé l’interdiction de l’abattage rituel.

L’islam en Autriche: une loi au goût du jour

La nouvelle loi vise à instaurer «un islam à caractère autrichien». C’est ainsi que le ministre des affaires étrangères et de l’intégration a décrit ce texte juridique. En effet, il s’agit d’une réforme de la loi qui date de 1912, adoptée par la monarchie de Habsbourg, lors de l’annexion de la Bosnie-Herzégovine. L’objectif est de réglementer la pratique de l’islam en Autriche. Les nouvelles dispositions interdisent « désormais aux mosquées, aux associations islamiques, aux écoles coraniques de recevoir des financements de l’étranger ». Cette nouvelle loi vise également à garantir plus de liberté dans la pratique de l’islam en Autriche, à travers un certain nombre de droits, tels que le droit à des lieux de culte spécifiques. Certaines pratiques sont aussi garanties par cette loi, telles que la circoncision des garçons, l’abattage rituel des animaux, la célébration des fêtes religieuses (Aid El kebir et Aid El Fitr ) et le droit de prendre des jours de congé à l’occasion.

Bien que cette loi se présente comme «un modèle d’intégration des musulmans en Europe», ces derniers se sentent encore discriminés. En effet, la communauté orthodoxe dans le pays continue à recevoir des dons de la Russie. De plus, l’Union turque islamique (Atib), qui représente la plus grande fédération de mosquées en Autriche, considère que cette loi place les musulmans toujours en « suspicion généralisée ».


Source (ici)

Yassine Bannani

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