C’est une petite révolution dans le lieu de culte parisien. Présent depuis près de trois décennies à la tête de la Grande mosquée de Paris, le recteur Dalil Boubakeur a démissionné samedi de ses fonctions « pour raisons personnelles », indique son entourage. Un départ préparé puisque Chems-eddine Hafiz lui succède. Ce dernier, expliquent les proches du désormais ex-recteur, « était depuis plus de 20 ans son fidèle collaborateur ».

Convoitée, notamment par Ghaleb Bencheikh, devenu président de la Fondation de l’Islam de France, la Grande mosquée de Paris ne devrait donc pas connaître de révolution majeure et ses liens avec l’Etat ne devraient pas pâtir de l’arrivée de Chems-eddine Hafiz à sa tête. Ce dernier a d’ailleurs « ses entrées dans les ministères », résumait Jeune Afrique en 2011. A l’époque, l’avocat d’affaires se voyait bien succéder à Dalil Boubakeur en cas de démission. Il aura dû prendre son mal en patience.

Ce proche de Nicolas Sarkozy qui l’a fait chevalier de l’ordre national du Mérite, qui devient dans le même temps président de la Fédération nationale de la Grande mosquée de Paris, l’une des composantes du Conseil français du culte musulman (CFCM) qui doit élire un nouveau président le 19 janvier, a toujours estimé que « l’islam algérien est le seul compatible avec la République ».

S’il visait la présidence de la Fondation de l’islam de France, celui qui s’était défini il y a cinq ans comme le « président des comités de soutien à un quatrième mandat » de Bouteflika a désormais une place clé dans l’« islam de France ». Reste à savoir s’il saura redonner du rayonnement à la Grande mosquée de Paris après ces vingt-huit dernières années lors desquelles Dalil Boubakeur n’a pas forcément réussi à remporter l’adhésion de la base des musulmans de France mais toujours celle des différents ministères.